FLAMES OF WAR – Band of brothers !

Flames of WarFlames of War
Auteur(s) :
Phil Yates
Illustrateur(s) : Evan Allen
Éditions : Battlefront
Mécanisme (s) : wargame
Thème :
Année : 2008
À partir de 12 ans – 2 joueurs et plus
Durée de partie : 2h30 et plus

 

À lire sur le même sujet : mon premier tournoi Flames of War et sa préparation
Ma liste d’armée / Peindre son armée / S’entraîner / Le tournoi !

 

Petits soldats

Flames of War, mais c’est un jeu de petits soldats en plastique ? Oui, tout à fait ! Mais en fait non, c’est tout bonnement la Seconde Guerre mondiale sur la grande table du salon. Les petits gars en vert sont des paras américains appuyés par des chars anglais, opposés à des soldats gris, des allemands, avec de l’artillerie et d’autres joyeusetés de l’époque. En fait non, c’est encore plus précis que cela, beaucoup plus précis : bienvenu au pays du wargame.

 

Flames of war : mécanismes de jeu

Flames of War est un wargame avec figurines qui se joue à l’échelle 15 mm, soit 1/100e. Un soldat debout mesurera 1,8 cm au lieu d’1m80. Deux joueurs sont opposés, ou deux équipes de joueurs avec un nombre de points d’armée. 1500 points par joueur permettent par exemple d’avoir sur la table l’équivalent d’une compagnie, soit une centaine de gars. Bien sûr chaque élément a un coût, un gros char coûte plus cher qu’une dizaine de fantassins.

Première chose à bien comprendre et c’est l’intérêt du jeu, on fait dans le réalisme poussé. Le jeu est divisé en trois périodes (Early, Mid-War et Late) histoire d’éviter les affrontements disproportionnés, des panzer de 1940 ne peuvent absolument rien contre un char IS russe par exemple.

 

Flames of War

Pour les unités elles-mêmes, chaque élément est décrit précisément. Un char français comme le Somua 35 (période Early), possède des valeurs de blindage avant, arrière et de toit. De même pour son mouvement, la rapidité de tir de son canon, de sa mitrailleuse, la puissance anti-char ou encore certaines spécificités liées au modèle, par exemple pour le Somua c’est le fait d’avoir un seul homme dans la tourelle comme beaucoup de chars français de l’époque.

Un char ne fait pas une unité. La logique des armées de l’époque est celle de grands corps qui sont structurés. La base est le « platoon » que l’on peut traduire en français par un peloton ou une section. Un platoon de chars peut par exemple être constitué de deux à cinq véhicules. Pour l’infanterie il s’agit de socles qui regroupent plusieurs soldats. Un platoon typique sera constitué d’un socle de commandement avec trois soldats, de quatre ou six socles de cinq soldats chacun et de quelques socles d’armes de soutien (mortier, bazooka, etc.), plus d’une trentaine d’hommes au total.

 

Le dé et le pinceau

Figurines… Si vous avez déjà pratiqué un jeu de figurines vous devez avoir pensé à des petits pots de peinture. Effectivement, le jeu commence très en amont de la table du salon. Il est bien sûr possible de faire des parties sans peindre ses armées, sans forcément avoir exactement les mêmes troupes que ce que l’on veut jouer mais bon, ce n’est pas satisfaisant et bien sûr, si l’on veut jouer en tournoi c’est non.

Flames of War

Donc il faut commencer par se constituer une armée. Bourriner en prenant que des platoons de chars bien solides, c’est niet ! Battlefront, l’éditeur néo-zélandais de Flames of War publie des livres qui permettent de se constituer des listes d’armées réalistes. En gros à partir d’une base commune on a plusieurs options pour dépenser ses points de manière cohérente et historique.

La liste est complète, c’est le mix le plus génial possible ? Ok, il faut acheter et peindre maintenant. Il existe une boîte de base nommée « Open Fire » qui moyennant une grosse cinquantaine d’euros propose la règle du jeu, une troupe anglo-américaine et une troupe allemande, le tout en Late war. Bref tout ce qu’il faut pour faire quelques petites batailles et apprendre à jouer.

 

Des sous il en faudra

Ensuite pour des listes plus personnalisées, il faudra acheter des troupes en plus. La majorité des références sont constituées de soldats en métal et de véhicules alliant résine et métal. L’avantage c’est que cela pèse un certain poids, l’inconvénient c’est que les soldats sont un peu grossiers et que la finesse de détail des véhicules est moyenne. Les nouvelles références de Flames of War et notamment la boîte Open Fire sont en plastique. La finesse du détail est excellente et le prix d’achat est moindre. Les véhicules sont plus légers… mais il est possible de les lester pour compenser.

 

Flames of War

 

La seule chose qui manque dans la boîte de base, c’est la peinture. Comme les couleurs des uniformes sont assez précises, il vaut mieux s’orienter vers des sets prévus pour telle ou telle armée. Les nuances de gris, beige, kaki ou vert sont précises et pour qui veut faire ses mélanges soi-même il est bien dur de réussir à reproduire un mélange pour peindre des dizaines de soldats.

Peinture donc, mais relativement facile car le nombre de couleurs est restreint. Par contre c’est long, surtout pour les fantassins qui sont nombreux, très nombreux.

Autre inconvénient des jeux de figurines, se composer une armée suppose un certain budget. La boîte de base Open Fire contient pas mal de choses si l’on veut jouer allemand, américain ou anglais, mais c’est insuffisant pour se constituer une armée complète. Par ailleurs si vous voulez composer une armée polonaise de 1939 ou recréer une troupe italienne pour combattre dans le désert, vous n’aurez rien. Les fantassins s’achètent en général par platoon, les véhicules peuvent se trouver aussi à l’unité, mais là c’est nettement plus cher. Difficile d’avancer des chiffres mais je dirais que 100-150 € permettent d’avoir déjà pas mal de choses, y compris pour ajouter des variantes à sa liste initiale. Le site de vente de Battlefront est le plus cher, il y a moyen de trouver des prix plus compétitifs ailleurs.

Autre élément important, les décors. Certes il y a eu des batailles dans le désert, mais la plupart se sont déroulées dans la cambrousse et les villes d’Europe. Les bosquets, haies, maisons et champs constituent tout à la fois des éléments agréables à l’œil et des points d’appui pour faire progresser et planquer ses troupes.

 

Et on joue un jour ?

Après avoir préparé, acheté, peint, soclé, décoré, sculpté, enfin vient le jour de la bataille. Quelques lancés de dés permettent de déterminer le type de bataille, défensive, rencontre, encerclement, etc.

Ensuite il y a la phase de déploiement, à la fois des troupes et des objectifs. Les objectifs sont des petits socles placés chez l’ennemi, souvent décoré d’épaves militaires, de stocks à convoiter et autres mini-diorama. Le but de la partie est soit de contrôler de manière indiscutable un de ses objectifs pendant tout un tour, soit de défoncer les troupes ennemies.

Flames of War

 

À chaque tour de jeu le premier joueur bouge toutes ses troupes, puis les fait toutes tirer, avant de gérer les combats si certaines troupes se retrouvent au contact. Cette mécanique est efficace mais peut sembler un peu datée, de nombreux jeux fonctionnent aujourd’hui par activations simultanées d’un joueur puis d’un autre. Cela évite qu’un joueur subisse toutes les actions ennemies d’un coup. C’est par exemple l’une des forces de la série Conflict of Heroes.

Les mouvements se jouent avec le mètre en main et sont différents selon le type d’unité, à roues, à chenilles ou à… pieds. Les tirs se résolvent non pas par l’habileté de ceux qui tirent mais par l’expérience de ceux qui se font tirer dessus. La bleusaille ne sait pas se planquer, les vétérans ont appris eux !

Par exemple une équipe (un socle) d’infanterie allemande, combinant fusils et mitrailleuse tire, leur portée est de 40 cm, leur cadence de tir de 2. Ils lancent deux dés à six faces. Ils tirent sur des fantassins français qui sont de qualité moyenne. Il faudra faire 3 et plus pour les toucher. Inversement les Français devront en retour faire 4, 5 ou 6 pour atteindre les Allemands qui sont vétérans. Les coups qui portent sont répartis sur le platoon de la cible, du moins sur les socles que les tirs peuvent atteindre. Ensuite le défenseur fait des jets de sauvegarde… et s’il rate ses troupes sont détruites.

 

Arrête ton char !

Pour les véhicules c’est un peu plus compliqué puisque qu’outre le fait de toucher il faut déterminer si les projectiles parviennent à endommager la cible. C’est là que l’on oppose les points de blindage et la puissance anti-char de l’arme qui tire. Comme on ne tire pas à 20 mètres sur une cible perpendiculaire et immobile, on y ajoute un peu de hasard en lançant un dé. Une mitrailleuse a une puissance antichar de 2, elle ne peut rien faire à un char ayant 2 de blindage. Par contre s’il s’agit d’un blindé léger avec 1 ou 0 de blindage, un tir heureux peut inciter l’équipage à abandonner le véhicule voire même détruire celui-ci.

Flames of War

Une arme est donc définie par sa portée de tir, sa puissance anti-char et sa cadence. Par exemple le canon de 75 français tire deux fois par tour, à 60 cm, avec une puissance anti-char de 8, ce qui est énorme en 1940. Inversement une mitrailleuse lourde n’aura qu’une puissance anti-char de 2, la rendant inutile contre les véritables chars. Sa cadence de tir de 6 peut par contre lui donner de bonnes chances d’embêter les blindés légers et en fait une tueuse contre l’infanterie et ses transports de troupe non-blindés.

Je ne vais pas détailler mais il y a aussi de l’artillerie, la possibilité de tirer de la fumée, de se planquer derrière les murs, dans les maisons, de creuser des abris, de faire intervenir des avions d’attaque au sol, de la DCA et des chasseurs pour les contrer, etc.

Très réaliste, très cohérent, la mécanique de Flames of War est un peu complexe au début car il faut de nombreux jets de dés pour les tirs, mais une fois habitué cela va vite ce sont toujours les mêmes valeurs qui sont employées dans la partie.

 

Tactique et coups foireux

Comment gagner à Flames of War ? Si seulement je savais ! Bon, j’ai personnellement joué quelques parties en Early contre la personne qui m’a initié (merci Alain !), donc mon expérience reste limitée. Il s’agit surtout de bien jauger les dangers, les portées de tir et les possibilités de résistance à ses propres actions.

La chance aux dés peut influer considérablement sur quelques actions, mais ne remplace pas un bon déploiement et une bonne gestion des mouvements et de la protection de ses troupes.

Flames of War

Chaque bataille est différente. Les platoons et l’armée dans son ensemble ont un facteur de moral. Dès que la moitié d’un platoon est éliminée, les survivants se posent sérieusement la question de se barrer, ils font donc un test. S’il s’agit d’une unité puissante et/ou placée à un point stratégique de la carte, cela peut tout changer. De même si la moitié des platoons de l’armée sont détruits ou en fuite, c’est toute l’armée qui teste son moral. Lors de la création de la liste, le nombre de platoons et leur force est donc à peser mûrement.

Enfin il y a les objectifs. Contrôler un objectif pendant un tour c’est vaincre. Même si le reste de son armée est en lambeaux, même si la situation est carrément mal engagée, il est possible de tenter le tout pour le tout, de foncer pour renverser la situation… Si, si, je l’ai vu, en fait je l’ai surtout appris à mes dépends !

 

 

globulL’avis de Globul
Flames of War est un gros jeu, et même plus car comme pas mal de jeux de figurines de grande ampleur il demande un investissement en temps, argent et place pour jouer et ranger tout cela. Néanmoins il dispose d’une bonne visibilité et de nombreux clubs pratiquent cette règle. À part un livret de base l’ensemble de la règle est en anglais mais il y a beaucoup d’éléments techniques et historiques donc facilement compréhensibles car spécifiques.

Le jeu est tout à fait plaisant car l’absence d’hexagones permet d’obtenir des situations plus fines. Pour savoir si la ligne de vue passe il suffit de se coller le nez au ras de la table. Bien sûr l’esthétique d’une table dotée d’un chouette décor et de troupes entièrement peintes est un plus très net. Cela me fait penser à Squad Leader, en carrément plus simple et beaucoup plus joli.

Battlefront est un éditeur très dynamique et leur site propose de nombreuses ressources, des vidéos, des conseils de montage. Enfin le jeu possède un bon potentiel de développement, notamment vers le front Pacifique qui n’a pas été couvert pour l’instant (et mine de rien ils sont Néo-zélandais donc ils doivent y penser). Il existe par ailleurs deux autres jeux dérivés sur la guerre du Vietnam et sur les guerres au Moyen Orient.

Un forum fr à découvrir sur le jeu : http://fowfrance.fr/

 

 

 


Suggestions de lecture

Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

1 Commentaire

  • Répondre juin 22, 2014

    Arhas

    Finalement, elles rendent bien les photos !! mais il n’y a pas à dire cela manque cruellement de verdure sur cette table.

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