FLAMES OF WAR – Préparer un tournoi : ma liste d’armée

Flames of WarJ’avais testé Flames of War l’an dernier et vous avais parlé de cette expérience dans un précédent article. Les premières batailles m’ont bien plu et j’avais commencé une armée. En septembre, le club de Fontaine-le-Comte (86) a programmé un pour la fin mars 2015, basé sur la période « Early War », de 1939 à 1941.

Cette période étant ma préférée, je me suis inscris. Arhas, qui m’avait initié au jeu, fait partie de ce club et est lui aussi sur les rangs. Durant l’automne et l’hiver j’ai fort œuvré pour préparer ce tournoi et nous nous sommes entraînés. Je vous propose de découvrir ce type de compétition à travers mon expérience, en plusieurs étapes avant le tournoi, puis par un compte-rendu après celui-ci.

Flames of War : présentation / Ma liste d’armée / Peindre son armée / S’entraîner / Le tournoi !

 

Ma liste d’armée

Pour ce tournoi il faut aligner une troupe « Early War » avec un maximum de 1620 points, à l’exclusion des listes fortifiées (bunkers et autres retranchements lourds type Tobrouk). Mon ami Arhas ayant dans sa besace des troupes françaises, anglaises, polonaises et russes, je me suis naturellement tourné vers les allemands qui ont été leur ennemi commun. Avantage de l’armée allemande, elle est l’une des plus diversifiée du jeu. Inconvénient de la chose : la tentation de tout essayer et de tout acheter !

 

Bouquins

Flames of WarPour bâtir une liste d’armée il faut se baser sur l’un des livres édités par ou utiliser un site générateur d’armée. Forces of War est le site officiel de l’éditeur, il existe aussi Easyarmy et d’autres. Pour la période « Early War », il existe plusieurs livres :

– Blitzkrieg porte sur la campagne polonaise de 1939 et sur la bataille de France de 1940 (France, Allemagne, Royaume-Uni, Pologne) ;

– Burning Empires nous emmène autour de la Méditerranée (Grèce, France, Italie, Allemagne, Angleterre) ;

– Hellfire and Back concerne la guerre du désert (Italie, Allemagne, Royaume-Uni) ;

– Rising Sun fait dans le dépaysement avec le Japon, l’URSS et la Finlande ;

– Barbarossa, paru à l’automne, porte sur l’invasion de l’URSS par l’Allemagne en 1941 et regroupe les troupes de ces deux pays.

Si vous avez bien suivi, vous constatez qu’en jouant l’Allemagne les possibilités sont vastes. Une armée de chars légers comme ceux qui furent envoyés en Pologne ? Des troupes de montagne ? Des parachutistes ? De l’infanterie utilisant des transports de troupe blindés ? L’Afrika Korps ?

À la base, le choix d’une liste est celui d’un type de liste. C’est soit une liste de chars (Tank company), soit une liste d’infanterie mécanisée (Mecanised company), soit une liste d’infanterie (Infantry company), soit une compagnie fortifiée (Fortified company), mais ce dernier type est exclu pour le tournoi.

 

Chenilles en déroute

Les petits chaFlames of Warrs ça fait envie, y’a pas photo. De plus, les chars valant plus de points que la troupaille, il en faut moins sur la table, donc moins à acheter et moins à peindre, c’est tout bénéfice. J’ai commencé par une Mittlere Panzerkompanie, avec des Panzer II et III, quelques gars à pied, une batterie d’artillerie de 105 avec deux pauvres canons et un atout énorme, un Stuka. Le chef avait évidemment le meilleur char, un Panzer IV !

J’avais acheté pour l’occasion la boîte de Battlefront qui contient plus de vingt chars Panzer I, II et III, du coup l’essai suivant était tout trouvé : une Leichte panzerkompanie (Cie de chars légers), avec plein de petits chars Panzer I et II, quelques Panzer III et deux automitrailleuses de reconnaissance. Pas d’artillerie, juste un platoon réduit d’infanterie. Je crois que c’est avec cette armée qui j’ai pris les plus belles piles jusqu’ici ! Si j’avais été aux commandes de la Wehrmacht en 1940, la guerre aurait fini beaucoup plus tôt !

 

Un pied devant l’autre

Flames of WarDu coup je me suis dit qu’il fallait revenir à du basique, qu’avant de savoir manœuvrer les chars je devais savoir gérer l’infanterie. Et puis au moins l’infanterie permet d’avoir beaucoup plus que troupes et encaisse plus de pertes avant d’être détruite.

De l’infanterie oui, mais de la costaude c’est mieux. J’ai déniché une liste de Pionierkompanie (Cie du Génie) dans le livre Blitzkrieg, permettant d’aligner plein de soldats du génie. Des soldats nombreux, armés de fusils, mais aussi de lance-flammes, capables d’attaquer plus efficacement les blindés en assaut (Tank Attack 3) et pouvant placer des champs de mines ou des barbelés. En un mot, des emmerdeurs finis en défense.

Avec ces braves gens j’ai mis des canons d’assaut Stug A, costauds, méchants, hors de prix en terme de points et puis aussi une batterie complète de 105, des canons anti-char Pak 36 et bien sûr le Stuka. Tout pour casser du char léger. Bon, en face il y avait des B1, pis j’ai perdu. Je crois que j’avais voulu trop en faire, j’avais tout prévu contre ma propre Leichte panzerkompanie des parties précédentes.

Mais ça, c’était avant, maintenant une nouvelle ère est arrivée pour mon armée allemande : le livre Barbarossa est sorti. Passer de Blitzkrieg à Barbarossa m’a permis d’avoir accès à de nouveaux matériels très intéressants. Autre avantage, les listes y sont moins nombreuses mais plus diversifiées.

Flames of War

Du côté du nouveau matériel, des Panzerknacker ! Il s’agit de dispositifs à base de grenades, des trucs un brin bricolés mais permettant à l’infanterie de bousiller du char en assaut bien plus efficacement, passant d’un facteur AT2 à AT4 ! Moyennant dix petits points, le chef d’un platoon d’infanterie dispose d’un Panzerknacker. De même le génie passe à AT4 au lieu d’AT3. Un platoon de génie avec dix plaquettes d’infanterie dotés de trois lance-flammes et tous en AT4, ça peut faire réfléchir.

Les chars allemands de Blitzkrieg sont encore tous là mais certains peuvent être améliorés avec plus de blindage ou des canons plus puissants. Le gros souci c’est que ces nouveaux Panzer III et IV coûtent une fortune, plus de 150 points par char. Les chars tchèques t38 ou certains chars russes capturés peuvent servir de palliatif. En ce qui me concerne, j’ai décidé de rester sur l’infanterie pour l’instant. Je perds certes, mais beaucoup moins vite qu’avec des chars !

 

Le 18 décembre

Flames of WarCe jour-là j’ai aligné pour la première fois une compagnie d’infanterie basée sur le livre Barbarossa. Le truc de fou, dix platoons en tout. De l’infanterie rifle/MG, des mitrailleuses lourdes, des mortiers, des Pak 36, un platoon de génie et son champ de mines, mes canons de 105 et deux nouveautés de la Luftwaffe : des canons auto-portés de 2 cm AA et surtout un énorme canon de 88 mm anti-aérien.

En face il y avait une horde de petits chars russes, pas moins de vingt BT-5 et BT-7, deux énormes chars forteresses T-35, cinq tankettes T-38. Je devais défendre en me repliant progressivement. L’attaque a été rapide, mais pas assez. Le 88 a envoyé sur orbite cinq petits chars avant de succomber, l’artillerie et les MG ont coincé les autres, les T-35 ont été trop lents. Défaite au moral des soviétiques et première belle victoire pour moi. J’avais plus ou moins construit cette liste en craignant les chars soviétiques, notamment les T-34 et KV fortement blindés.

J’avais enfin en main une armée que je maîtrisais à peu près. De l’infanterie solide et du soutien antichar costaud. Globalement cela me destine plus à un rôle de défenseur, lequel est plus facile il faut bien le reconnaître.

Je me suis dit que le temps restant avant le tournoi devait me permettre d’essayer des trucs, des options, des machins. La bataille suivante fut à nouveau contre des russes, cette fois-ci les vilains T-34 et KV que je craignais tant. Pas de 88 de mon côté mais des chasseurs de chars Panzerjäger I et des automitrailleuses rapides Sdkfz 8-Rad. Encore une bonne journée.

 

Halftracks en flammes

Flames of WarLa fois d’après j’ai voulu tester les Panzershützen, une compagnie mécanisée constituée d’infanterie solide et de génie, tous montés sur des transports blindés leur permettant de faire de l’assaut monté. Derrière quelques Pak 36, mes 105 habituels et les 8-Rad.
En face il y avait les Polonais, des gars aguerris et sans peur, bien retranchés. Je crois que j’y suis allé un peu trop confiant. L’assaut monté comme ça, direct dans le tas, ben ça ne marche pas. Cela confirme mon impression générale, je ne suis pas très doué pour l’attaque. Mais je suis content d’avoir essayé car au moins cela m’a permis d’aborder les règles de ce type d’unités.

Le 1er mars approchait, date butoir pour envoyer la liste du tournoi. Figer la liste était aussi un bon moyen de préciser ce qu’il me fallait finir de peindre, certains essais avaient été menés avec des troupes très brillantes ou à peine sous-couchées voire remplacées par des trucs ressemblant.

Ma liste du tournoi est donc fort logiquement une Infantry company basée sur le livre Barbarossa. Deux platoons d’infanterie, des Panzerknacker et un platoon de mitrailleuses lourdes. En soutien un platoon de génie et son camion pour placer des mines ou barbelés. Des canons bien sûr, les Pak 36 pour calmer les petits chars. La batterie d’artillerie de 105 qui est une valeur extrêmement sûre, aussi bien en bombardement qu’en tir direct. D’autres 105 aussi, les Nebelnwerfer 40, des mortiers qui peuvent taper loin. Une petite composante de véhicules rapides : des automitrailleuses 8-Rad et quelques anti-aériens de 20 mm sur halftrack. Ceux là peuvent vraiment faire mal à des blindés légers grâce à leur rapidité de déploiement et à leur cadence de tir.

Ajoutez à cela pas mal de camions pour pouvoir se déplacer facilement et ma troupe représente une vingtaine de véhicules et beaucoup de petits gars… plus de 200 en fait. C’est une liste clairement défensive mais qui peut quand même bouger. L’avantage c’est que la plupart de ses composantes peuvent s’épauler, il n’y a pas d’unité super-forte comme le 88 mm qui constitue une cible prioritaire. L’inconvénient majeur c’est que c’est une grosse armée et que c’est du boulot à gérer. J’ai joué avec cette liste une fois contre la liste d’infanterie mécanisée polonaise qu’Arhas a choisie pour le tournoi. Ce fut une victoire, bon présage non ?

 

 


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Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

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