PANDÉMIE – Tous en quarantaine !

PandemiePandémie
Auteur(s) : Matt Leacock
Illustrateur(s) : Chris Quilliams
Éditeur : / Zman games
Genre : jeu de plateau
Mécanisme (s) : , ,
Thème : Médecine
Année : 2008 puis 2013
À partir de 10 ans
2 à 4 joueurs
Durée de partie : 1h env.
Indicateur de prix : env. 35 €

 

L’épreuve de l’éprouvette

Pandémie, ça pourrait être un titre d’épisode pour X-Files ou un docu-fiction, avec les soldats en tenue bactériologique qui déboulent à la fin pour coffrer tout le monde et planquer le tout sous secret défense. En fait non, dans Pandémie on enfile les tenues stériles dès le début de la partie ! La terre est attaquée par quatre virus mortels qui se diffusent dans la population, il faut éradiquer ces maladies avant qu’elles atteignent le point de non-retour. Votre mission, car vous l’avez acceptée, est de rassembler une équipe pour réussir à sauver l’humanité. Ouaip !

 

Pandémie : mécanismes de jeu

Il s’agit d’un jeu coopératif, deux à quatre joueurs vont devoir coordonner leurs efforts. Le plateau représente une carte de la planète où les plus grandes villes sont indiquées et reliées entre elles. Il y a quatre grandes aires de différentes couleurs, l’Amérique-du-Nord et l’Europe en bleu, l’Amérique-du-Sud et l’Afrique en jaune, l’Asie et l’Océanie en rouge, le Maghreb, le Moyen-Orient et l’Inde en noir.

 

Pandemie

 

Ces couleurs définissent aussi la présence de quatre maladies reprenant les mêmes couleurs. Lors de la mise en place on va tirer des cartes pour définir les villes qui sont déjà infectées. Trois villes seront très infectées (trois cubes maladie) et six autres le seront moins (à deux cubes et un cube).

Le but des joueurs est de trouver autant de remèdes qu’il y a de maladies différentes. Ils doivent aussi éviter de perdre par KO, ce qui arrive quand les maladies se propagent trop.

 

Ça incube !

Le tour de jeu est toujours le même. Le joueur effectue quatre actions, puis il pioche deux cartes de villes pour compléter sa main avant de s’occuper de la propagation des maladies.

À chaque tour des cartes propagation sont tirées (leur nombre augmente au fil de la partie). On place trois cubes de maladie sur les villes concernées. Là où ça devient amusant, c’est que si l’on dépasse le maximum de trois cubes d’une couleur dans une ville il y a « éclosion » ! Dans ce cas la maladie se propage et on place un cube de plus pour toutes les villes reliées à la ville où il y a éclosion. Il peut même y avoir des éclosions en chaîne. Mais au bout de huit éclosions la partie et finie… l’humanité aussi d’ailleurs.

 

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Les joueurs vont s’agiter à travers toute la planète pour combattre les maladies. Ils vont se déplacer de différentes manières, construire des centres de recherche, partager des connaissances, soigner les populations et trouver des remèdes.

Pour faire le vaccin d’une maladie il faut être dans une station de recherche (au début il n’y en a qu’une, en Atlanta) et défausser cinq cartes de villes de la même couleur, on obtient alors le vaccin de la maladie de cette couleur.

 

Jet Lag ou pépère au centre de recherche ?

Se déplacer est très important dans Pandémie. Pour une action il est possible d’aller à la ville d’à côté. C’est lent. En défaussant la carte d’une ville il est possible d’aller dans cette ville ou au contraire d’en partir. L’inconvénient c’est que ces cartes sont très importantes car nécessaires pour les vaccins. Il est possible de se déplacer d’un centre de recherche à un autre pour une action, nettement plus efficace.

Ces centres de recherche peuvent être construits dans une ville, par un joueur qui y est présent et possède la carte de cette ville, qu’il défausse au passage. Il est bien sûr primordial de construire les centres de recherche dans des coins utiles et bien desservis, plutôt Istanbul que Santiago du Chili par exemple.

 

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Les joueurs peuvent se la jouer colloque scientifique et échanger des informations, c’est-à-dire se donner des cartes. Mais c’est très restrictif, ils doivent se trouver dans la même ville et donner ou prendre la carte correspondant à cette ville.

Il est enfin possible de soigner, c’est-à-dire d’enlever un cube maladie par action dans la ville où l’on se trouve. Soigner n’est pas le but premier puisqu’il faut trouver les remèdes pour gagner. Mais si l’on néglige cet aspect la propagation des maladies prendra le dessus et la partie sera perdue. Découvrir un vaccin c’est la classe mais pour publier dans la revue Nature il faut que les lecteurs soient encore vivants.

 

Poussée de fièvre

Tout cela serait très ronronnant s’il n’y avait pas des coups de boost réguliers sous la forme de viles cartes « épidémies », planquées dans la pioche des cartes villes tirées par les joueurs. L’épidémie fait augmenter la vitesse de propagation générale des maladies, on tirera d’abord deux, puis trois, puis quatre cartes par tour. Il faut aussi infecter une ville avec trois cubes maladie, ce qui peut provoquer des éclosions par ricochet. Enfin et c’est bien le pire, à chaque épidémie on reprend la défausse de propagation (les dernières villes infectées), on la mélange et on replace ces cartes sur le dessus du paquet… ce seront celles qui ressortiront le plus vite, renforçant encore le risque d’éclosions.

 

La tête ou les jambes ?

Cette mécanique était le schéma général, chacun des joueurs aura sa variante personnelle puisque sa profession lui permettra de modifier un peu les règles du jeu. Il y a sept rôles différents : Médecin, Scientifique, Chercheuse, Planificateur d’urgence, Répartiteur, Expert aux opérations, Spécialiste en mise en quarantaine.

 

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Le Médecin par exemple soignera tous cube d’une maladie dans une ville pour une seule action, au lieu d’un seul cube. Le Spécialiste de la quarantaine empêchera l’éclosion et le placement de nouveaux cubes de maladie dans la ville où il est ainsi que dans toutes celles qui y sont reliées. Le Répartiteur peut déplacer les autres joueurs, le Scientifique trouve un vaccin avec quatre cartes au lieu de cinq, la Chercheuse peut donner n’importe quelle carte ville à un autre joueur, etc.

Il faut donc combiner toutes ces possibilités d’action, répartir les rôles et surtout s’adapter à la situation et à son évolution. La priorité est de trouver les vaccins, mais il ne faut pas laisser une maladie croître trop vite. De même une fois le vaccin trouvé il peut être très utile de détruire totalement une maladie, cela constitue une aire de tranquillité et évite des éclosions. Simplement il ne faut pas faire cela en y perdant de l’énergie nécessaire ailleurs.

 

Tactique et coups foireux

S’organiser, il faut savoir s’organiser ! Ne pas oublier non plus que le jeu est coopératif, il n’y a pas de priorité entre les personnages, certaines capacités sont essentielles dans certains cas mais tous sont utiles. Le Spécialiste de la quarantaine, s’il est au bon endroit au bon moment, peut sauver la mise des joueurs. De même le médecin est crucial pour calmer les foyers de maladie.

 

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Mais il ne faut pas uniquement se concentrer sur la gestion de la maladie, il faut trouver les remèdes, dans ce cas le Scientifique, la Chercheuse et l’Expert aux opérations sont très utiles. Bien sûr, comme les personnages ne sont jamais tous réunis, il faut savoir adapter son style de jeu.  De même la répartition des maladies est essentielle. Certaines villes très connectées peuvent contaminer de vastes zones en cas d’éclosion. Il faut y prêter une attention soutenue. En revanche les villes reliées à une ou deux cités sont moins dangereuses.

Juste après une épidémie les villes récemment infectées risquent de l’être à nouveau, il faut agir rapidement pour éviter des éclosions en chaîne. Quelques cartes « joker » permettent d’avoir un coup de pouce de temps en temps mais il n’y en a que quatre.

 

Encore plus !

Pandémie a été édité pour la première fois en 2008. Le succès a été au rendez-vous et les remises de prix se sont accumulées. Il est l’un de ces jeux qui sont des classiques en devenir, un peu comme les Aventuriers du rail en son temps ou Dixit plus récemment. Il existe des extensions au jeu de base (que nous n’avons pas encore eu l’occasion de tester). Pandémie : au seuil de la catastrophe propose un matériel de jeu un peu relooké mais surtout une nouvelle maladie qui apparait par mutation, la “souche virulente” qui accentue une des maladies et un bioterroriste (incarné par un joueur) qui traine dans le coin en prime. Pandémie : in vitro ajoute un nouveau plateau de jeu, le laboratoire de recherche ainsi que des nouveaux scenarii, un mode solo et un à six joueurs en équipe. On s’éloigne donc un peu de l’esprit 100% coopération du début. Mais ce n’est pas tout, il existe également une version dé du jeu : Pandémie le remède, des versions light et re-thématisées du  jeu : L’île interdite et Le désert Interdit et enfin un spin off, d’un autre auteur Carey Grayson, qui s’intitule Pandémie : Contagion qui est un jeu léger et rapide où grosso modo on incarne un virus et l’on tente d’éradiquer l’humanité, rien que ça.

 

 

globulL’avis de Globul
Les mécanismes de Pandémie ont inspiré l’Île Interdite, ce n’est pas un hasard puisqu’il s’agit du même auteur. Le thème est bien sûr très différent, de même que le matériel. Le plateau représente le monde, il y a des cubes de couleur, cela cadre tout à fait avec l’aspect d’un jeu de société un peu ancien et pourtant on est bien dans un jeu moderne, efficace, affûté. La rejouabilité est très bonne et une partie dure une heure. Du coup il n’est pas rare de vouloir remettre ça illico, ce qui est un très bon indice de l’intérêt d’un jeu.

L’ambiance est concentrée, il faut réellement coopérer pour arriver à gagner et pour autant les joueurs ne sont pas dans un jeu scénarisé, balisé, il n’y a pas une seule manière de faire les choses. En résumé, un classique, à la fois accessible au plus grand nombre et intéressant pour les joueurs exigeants. Et puis empêcher par sa simple présence l’éclosion des maladies comme le Spécialiste de mise en quarantaine, c’est carrément top.

 

LidaelL’avis de Lidael
Il y a un genre de jeux que j’apprécie particulièrement : les coopératifs. Avec Pandémie, je suis comblée. Impossible de ne pas se prendre au jeu, de ne pas être débordé par la propagation de la maladie et de ne plus savoir où donner de la tête. Le jeu est intense, tactique mais assez facile d’accès si bien qu’il est idéal pour de l’initiation +. Le seul bémol, mais il est valable pour tous les coopératifs, c’est qu’il faut être attentif à ce qu’un joueur ne prenne pas en main la partie au détriment des autres. Dernier point qu’il me semble essentiel de souligner : on perd souvent et c’est ça qui est bon ! Le tirage des cartes influe pas mal sur le résultat de la partie, certes ça peut être critiqué, je trouve pour ma part que cela donne un petit souffle épique et offre une re-jouabilité à n’en plus finir

 


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Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

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