L’ÎLE INTERDITE – Un trésor au milieu de l’océan

L'île interditeL’île interdite
Auteur (s) : Matt Leacock
Illustrateur (s) : C.B Canga
Édition :
Mécanisme (s) : coopératif, temps limité
Thème (s) : Légendes
Année : 2010
À partir de 10 ans – 2 à 4 joueurs
Durée d’une partie : 30 min

 

Une île paradisiaque

Vous êtes nostalgique de vos dernières vacances d’été pluvieuses sur la côte ?
Pas de problème, remplissez quelques bassines d’eau, réunissez vos amis autour d’une table, trempez les pieds et lancez-vous dans une partie de l’Île Interdite.

L’île interdite c’est une course contre-la-montre en équipe face à la montée des eaux, sur ce qui aurait pu être un petit coin de paradis si les Atlantes n’y avaient pas caché quatre trésors auxquels personne ne devait jamais toucher.  C’est toujours la même histoire, le trésor attendait depuis des siècles et le premier imbécile qui essaye de l’emporter fait s’écrouler tout le temple… ici c’est carrément l’île va être engloutie.

 

L’île interdite : mécanismes de jeu

Dans L’île interdite, il n’y a pas de monstre (même pas de Gobelin) ni de robot, l’ennemi commun c’est l’eau. La mer qui entoure toute l’île monte inlassablement, de plus en plus vite et finira quoi que vous fassiez par recouvrir l’ensemble. La seule chose que l’on peut espérer c’est d’être parti quand cela arrivera.

L'île interdite
Le jeu est coopératif, dans votre groupe d’aventuriers chacun dispose d’une capacité particulière, attribuée en début de partie, parmi les suivantes :

  • l’Ingénieur peut assécher deux cases en une seule action ;
  • le Messager peut envoyer des « Cartes trésor » à un joueur qui ne se trouve pas sur la même tuile que lui ;
  • l’Explorateur peut se déplacer et assécher en diagonale ;
  • le Pilote peut se téléporter n’importe où ;
  • le Nageur peut traverser des zones inondées ;
  • le Navigateur peut déplacer un autre aventurier de deux cases.

Vous devrez trouver le moyen de récupérer tous les trésors cachés (la Pierre sacrée, la statue du Zéphyr, le Cristal ardent et le Calice de l’onde) sur une île, juste à temps pour vous enfuir avant que tout ne sombre définitivement sous les eaux.

Vingt-quatre tuiles placées aléatoirement symbolisent l’île et le plateau de jeu. Chacune d’entre-elles représente l’un des lieux de l’île (la porte d’or, le pont des abîmes, la tour de guet, le jardin des hurlements, le rocher fantôme, etc.). Gardez un œil particulier sur les différents lieux qui permettent de récupérer les trésors et sur l’héliport d’où il faudra s’échapper en fin de partie.

Au fur et à mesure de la partie, l’eau va monter, inexorablement et ces lieux vont sombrer. Pour matérialiser ce phénomène les tuiles disposent de deux faces, l’une colorée : c’est le site avant le début de l’inondation, l’autre en bleu et blanc : les eaux ont commencé à le submerger.

Les joueurs agissent chacun à leur tour, en suivant une chronologie établie :

  • première phase : chaque joueur peut réaliser trois actions parmi les suivantes : se déplacer d’une case, assécher un lieu (autrement dit retourner la tuile), échanger une carte avec un joueur sur la même case que moi ou ramasser un trésor ;
  • deuxième phase : tirer deux « Cartes trésor », la plupart représentent les reliques à retrouver. Pour cela un joueur doit se rendre sur une tuile disposant du symbole du trésor, défausser quatre « Cartes trésor » (avec le bon symbole). On peut également piocher des cartes « Sac de sable » (permet d’assécher n’importe quelle tuile), « Hélicoptère » (indispensable pour s’envoler de l’héliport en fin de partie), ou les fameuses cartes « Montée des eaux » dont on parlera ensuite ;
  • troisième phase : on pioche des « Cartes inondation »,  autant de cartes qu’indiqué sur le « Niveau des eaux », plus il est haut, plus on pioche de cartes, à la fin ce sont les crabes qui piochent.

 

Entre amis, les pieds dans l’eau

Le cauchemar de tout joueur de l’Île Interdite, c’est la carte « Montée des eaux » sur laquelle repose finalement toute la mécanique du jeu. Lorsque l’un des joueurs tire l’une de ces cartes (il y en a trois en tout), le « Niveau d’eau » représenté sur une échelle graduée augmente et c’est lui qui définit le nombre de « Cartes inondation » qu’il faudra tirer à chaque tour de jeu, ce qui signifie plus ou moins de case à assécher ou perdues à chaque fois. Mais cela signifie aussi que l’on replace les « Cartes inondations » défaussées au-dessus de la pile après les avoir mélangées, on retrouvera donc des lieux qui ont déjà été tirés peu de temps auparavant et qui disparaîtront s’ils n’ont pas été asséchés assez rapidement.

L'île interdite

Lorsque enfin, l’équipe est en possession de l’ensemble des trésors, tous les aventuriers doivent rejoindre l’héliport, l’un d’eux utilisera une carte Hélicoptère pour que la tribu puisse s’envoler et remporter la partie. Si l’un des aventuriers ne monte pas dans l’hélico, c’est perdu, si tous les trésors ne sont pas réunis, c’est perdu, si l’héliport coule, c’est encore perdu, si on a oublié de garder une carte hélicoptère, c’est aussi perdu !

Le choix des métiers est important en début de partie car le jeu offre plusieurs niveaux de difficulté et si en mode simple les rôles n’ont que peu d’importance, les modes élite ou légendaire impliquent une vraie complémentarité des rôles et des joueurs.

 

Robinson et les Atlantes

Il va donc falloir faire des choix, assécher une case qui menace d’être engloutie, courir chercher un trésor ou se mettre en sécurité. L’Île Interdite  charme par la rapidité de ses parties et par le suspens distillé brutalement par le système de « Montée des eaux » contre lequel on ne peut rien.

Peu de mise en place, des règles simples et une mécanique bien huilée. Jouer vite devient naturel… pas le temps de traîner, l’eau monte ! Chacun regarde avec anxiété le chemin qui le relie à l’héliport.

 

L’avis de Nednot
Je ne sais pas si j’ai une fois joué à L’île interdite juste pour une partie, le plus souvent j’en enchaîne deux ou trois, c’est ce qui est bien avec ce genre de jeu. Un peu de réflexion, un peu de chance, la possibilité de gagner et de perdre avec des amis sans se prendre la tête. L’éditeur dit que ce jeu est une « évidence » et j’aime bien ce terme.
On regrettera juste sur certains tours de ne pas avoir le choix, d’être « obligé » de faire certaines actions et donc de ne pas être acteur de la partie à 100 %.

 

Avatar de GlobulL’avis de Globul
Indiana Globul, vous connaissez ? Voilà, le grand retour du plus petit aventurier. Avec L’île interdite vous êtes confronté au cruel dilemme de l’archéologue aventurier. Attraper le trésor oui, mais sauver sa peau aussi !
Et puis il y a cette impression persistante d’être un rat de laboratoire, si l’un de nous fait une erreur, gâche un mouvement, assèche le mauvais côté, ou “tente la chance”, alors il se pourrait bien que le piège se referme.

L’eau c’est froid, et c’est pas sympa. Alors les gnomes doivent courir, assécher, attraper les trésors, s’aider et, le plus dur sans doute, agir tous de concert. En fait il s’agit d’un jeu démocratique. Si vous avez un leader intelligent ça peut le faire aussi, mais si par contre chacun essaye de régenter les autres, vous en reparlerez à Neptune, le dieu des Atlantes.


Suggestions de lecture

Nednot

[Fondateur & rédacteur] Ogre du Sud et ancien joueur d’AD&D, il est le dernier membre à nous avoir rejoint. La facilité d’accès et la possibilité de se lancer dans une nouvelle partie en quelques minutes, en auront fait un fier adepte des jeux de société en seulement quelques mois. Oh ! Un mot au passage pour les créateurs : « ne faîtes pas de règles trop compliquées l’ogre a souvent le cerveau lent ! »

6 Commentaires

  • Lidael
    Répondre novembre 23, 2011

    Lidael

    J’aime énormément L’île interdite. C’est un jeu que l’on sort très régulièrement avec des amis souvent non-initiés aux jeux de société modernes et auquel ils adhèrent à chaque fois. L’objet est beau : les illustrations, le packaging, donnent envie de déballer et de jouer. Les règles sont très simples à assimiler, les parties relativement rapides, si bien que l’on prend vite le jeu en main, une vraie bouffée d’air frais, même si j’aime aussi beaucoup les jeux qui demandent plus d’investissement.

    L’aspect coopératif ne gâche rien, il faudra néanmoins faire attention à ne pas trop être dirigiste pour ne pas empêcher les joueurs plus réservés de jouer leur tour.

  • Répondre novembre 28, 2011

    Zhao yun

    Le petit frère de Pandémie, plus simple que celui-ci mais du coup plus familial.
    Un jeu rapide, simple et efficace où les choix sont cornéliens !
    Bon jeu de coopération quasi indispensable et qui doit trouver sa place dans toute bonne ludothèque.

  • Lidael
    Répondre novembre 28, 2011

    Lidael

    Je pas (encore) joué à Pandémie, je n’en entends que des critiques positives, je crois qu’il va falloir que je me penche sérieusement sur la question.
    One more.

  • Répondre novembre 28, 2011

    Zhao yun

    Héhé là c’est une autre paire de manches (tiens ,je ne sait même pas d’où je tiens cette expression, écrite cela fait bizarre)
    Pour moi mille fois mieux que L’ile interdite, un bijou bien plus speed et donc par conséquent bien plus stressant !

  • Répondre novembre 30, 2011

    Chain

    Pour avoir ce jeu dans ma ludothèque je suis totalement d’accord sur le fait que c’est un jeu régulièrement sorti lors de soirées avec des non-initiés et ça fait souvent l’unanimité.

    Personnellement lors des premières parties avec des personnes découvrant le jeu j’ai tendance a me mettre en retrait quitte à perdre la partie pour ne pas influer sur le cours du jeu avec “l’expérience” des précédentes parties.

  • […] de Forbidden Desert réutilise les grandes lignes de son précédent jeu, L’île Interdite (qui est déjà une version allégée d’un autre de ses jeux, Pandémie). Au lieu de chercher […]

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