TTTT – La peinture de figurines : le matos de peinture

Tutoriel peinture de figurinesPrécédemment dans les Tutos Techniques de Tonton Tzampa #1, on parlait du matériel de base nécessaire à la préparation des . Passons au matos de .

Vous avez patiemment dégrappé, ébarbé, colmaté, collé et sous-couché vos figurines et avez même prévu le vernis pour les protéger, mais il reste à faire l’essentiel : peindre la figurine. Comme cela a été le cas pour les phases de préparation, là encore il va falloir un peu de matériel. Je vous propose une liste de matos indispensable pour peindre dans les meilleures conditions et y prendre le maximum de plaisir.

 

 

LES PEINTURES

Tutoriel peinture de figurinesÀ tout seigneur, tout honneur : pour peindre, il faut de la peinture ! Mais nous allons voir que n’importe quel tube ou pot de couleur ne fera pas votre bonheur.

Exit la gouache de son enfance, trop fragile et pas assez couvrante. Mettez également de côté les pots d’Énamel Humbrol (peinture à l’huile émaillée) avec lesquels les vieux barbus de mon âge ont peint des maquettes, c’est peu pratique car la couleur se dilue et se nettoie au White-Spirit. Reste la peinture acrylique, qui permet d’allier pouvoir couvrant, solidité et facilité d’utilisation (puisqu’elle se dilue à l’eau). Mais attention, toutes les acryliques ne conviennent pas. On trouve en effet en magasin d’art des tubes de peinture acrylique, mais ils sont à réserver aux décors. Leur pouvoir couvrant beaucoup trop faible nécessiterait de passer quinze ou vingt couches pour obtenir une couleur homogène sur son zombie et ça, ce n’est pas possible.

Alors que reste-t-il ? Et bien de la peinture acrylique pour figurine, pardi ! Conditionnée en pot ou en flacon pipette de faible volume (entre 12 et 18 ml), ces peintures proposent des palettes de couleurs variées et adaptées. Leur pouvoir couvrant permet de limiter le nombre de couches à réaliser ainsi de gagner du temps et d’éviter les crises de nerfs. De nombreuses marques existent, chacune ayant leurs avantages, leurs inconvénients, leurs afficionados et leurs détracteurs. Une fois de plus, je ne vous parlerai que de ce que je connais et vous propose un petit laïus sur les cinq marques que j’utilise, ce qui ne veut pas dire que les autres sont à éviter, mais simplement que je ne les ai pas testées.

Il est tout à fait possible de commander nombre de ces peintures sur divers sites marchands, en France comme à l’étranger, le souci avec la peinture, c’est que les photos ou échantillons visibles ne permettent pas de se faire une idée juste de la teinte de la peinture. En cas de doute, préférez la boutique ayant pignon sur rue et profitez-en pour demander conseil au vendeur.

 

Games Workshop

Ce n’est pas la gamme la plus étendue, ni forcément celle de meilleure qualité, mais c’est sans nul doute la plus facile à trouver, en boutique Game Workshop ou chez des revendeurs indépendants. La peinture Game Workshop comprend plusieurs gammes, les deux principales étant Citadel Base, aux nombre de teintes limitées mais au pouvoir couvrant important et Citadel Layer, à la palette plus fournie mais au pouvoir couvrant moindre.

 

P3

P3 est vendu par Privateer Press, éditeur des jeux de figurines Hordes et Warmachines. Des teintes sympathiques, une palette assez large et une peinture de bonne qualité. Je trouve les nuances complémentaires à ce que propose Games Workshop, mais P3 n’est pas toujours évidente à trouver en boutique.

 

Miniature paint

Miniature paint, c’est une veille marque, qui fut un temps était commercialisée par (si toi aussi tu viens de pousser un léger soupir à l’évocation de ce nom, tu fais partie du club des vieux barbus !). Aujourd’hui, elle est introuvable en France, le seul recours étant la commande par internet directement chez Ral Partha Europe (re-soupir). La qualité est assez moyenne et j’avoue en avoir commandé quelques pots principalement par nostalgie.

 

Coat D’arms

Coat D’arms compte trois gammes. La première – Fantasy – reprend les teintes de la première gamme Games Workshop (qui a été entièrement refondue en 2012), avec des couleurs assez flashy. La seconde – Military – est particulièrement adaptée aux figurines historiques (Antiquité, Moyen Âge et 1er Empire en particulier). La troisième – WW2 – comme son nom le laisse deviner, est destinée aux teintes de la . Amis joueurs de Flames of War, gnomes de tout bord, vous devriez y trouver votre bonheur ! La qualité dépend de la teinte, j’ai dans ma mallette un vert foncé très bon, mais un marron et un beige assez moyens. Comme Miniature paint elle est très difficile à trouver en France, mais se trouve dans des boutiques en ligne outre-manche ou directement chez le distributeur : Black Hat Miniatures.

 

Vallejo / Prince August

Vallejo / Prince August forment une seul et même marque. Vallejo étant le nom du fabriquant espagnol, Prince August celui de l’importateur en France. Trois gammes principales : la model color, qui est surtout orientée , la game color, à tendance fantastique et futuriste et enfin la model air, faite pour être passée à l’aérographe, mais qui fonctionne également au pinceau. La présentation est un peu différente, puisqu’il s’agit de pot-pipette, ce qui en rebute certain alors que d’autres, comme Globul, ne jurent que par ce conditionnement.

 

Les conseils d’achat de Tzampa

La peinture

Je ne le répèterais jamais assez, mais je ne donne que mon avis totalement et uniquement personnel. Ceci est d’autant plus vrai concernant la peinture, où le choix des teintes, de la texture et de la qualité est purement subjectif et varie d’une personne à l’autre.

J’utilise principalement de la Games Workshop, car c’est la seule disponible près de chez moi, c’est donc plus facile pour trouver la teinte qu’il me faut. Cependant, je trouve que la qualité générale des peintures à tendance à diminuer. De plus, la modification totale de la gamme il y a quelques années a fait disparaitre certaines couleurs. Games workshop propose bien un tableau d’équivalence approximative, mais pour certaines nuances l’approximation est très… approximative ! Lorsque l’on veut reprendre une armée peinte dans une couleur dominante devenue introuvable, malgré les équivalences, le résultat n’est pas toujours convaincant.

Je me pose de plus en plus la question de basculer progressivement vers du Prince August, un petit peu moins facile à trouver, mais à la gamme étendue et surtout stable. Games Workshop incite indirectement à cela, puisque leurs nouvelles peintures, bien que conservées dans leurs pots fermés, a tendance à sécher à vitesse grand « V ». J’en veux pour preuve ce pot de bleu, que j’ai dû jeter récemment car il était tout sec, alors que mon rouge vif tient encore la route, bien que je l’ai acheté il y a dix-huit ans…

 

Plus radin, plus malin

Juste pour se faire une opinion, voici un petit tableau récapitulatif des volumes des pots, prix du pot et prix au millilitre :

Marque Volume Prix Prix /ml
GW 12 ml 3,20 € 0,26 €/ml
P3 18 ml 3,50 € 0,19 €/ml
MP 15 ml 1,70 € 0,11 €/ml
Coat D’arms 18 ml 2,46 € 0,14 €/ml
Vallejo 17 ml 2,50 € 0,15 €/ml

 

Tutoriel peinture de figurines

 

L’astuce du vieux barbu

Pour retrouver rapidement ce vert-pâle-caca-d’oie-mais-un-peu-gris-qui-va-bien, j’ai peint sur chacun de mes pots de peinture une tâche de la couleur contenu dans le pot. Ainsi, en un coup d’œil, je vois les couleurs sans avoir à ouvrir le pot à chaque fois. Et comme j’aime bien peindre avec des amis et que je dois être mobile, mes pots sont disposés dans une grande valisette plastique (originellement prévue pour les vis et les boulons) et classés dans des petites cases par teintes dominantes : en haut à gauche les bleus, en dessous les jaunes / orangés, à côté les rouges, etc. Comble du raffinement, pour mes pots de Prince August Air, j’ai sous-couché puis peint à l’aéro les bouchons avec la teinte contenue dans la pipette.

Mais ce n’est pas là la seule solution, certains utilisent des présentoirs pour les pots de peinture et certains gnomes ont même fabriqués un nuancier complet de leurs teintes.

 

LES PINCEAUX

Tutoriel peinture de figurinesLes deux éléments à prendre en compte concernant le choix des pinceaux sont la qualité de la peinture utilisée et la finesse du travail à effectuer. Pour la peinture à l’acrylique, il faut des pinceaux en poils de martre à pointe fine.

Contrairement à ce que certains débutants pensent, il n’est pas utile d’avoir un pinceau minuscule, avec trois poils dessus. Ce qui importe c’est la finesse de la pointe et que celle-ci soit conservée le plus longtemps possible. Une autre caractéristique importante est ce que les spécialistes appellent le « réservoir ». C’est la partie des poils entre la pointe et le manche, où la peinture est naturellement stockée et qui, par capillarité, alimente la pointe. Il faut donc trouver son propre équilibre entre un pinceau à poils longs avec un réservoir important, mais pas toujours évident à manier, ou un pinceau à poils courts, plus maniable mais qui nécessite de recharger plus souvent en peinture.

De nombreuses marques de peinture pour figurine (pour ne pas dire toutes) proposent une gamme de pinceaux. Mais beaucoup de peintres préfèrent acheter leurs pinceaux en magasins d’art.

 

Pinceaux

Comme pour la peinture, tout est affaire de goût et de feeling. Pour ma part, je me fournis en magasin d’art et je suis un aficionado des pinceaux de la marque Rafael, N°8404 et celui dont je me sers 90% du temps est de taille 0. J’utilise parfois un taille 3 pour faire des surfaces un peu plus importantes (un uniforme uni par exemple) et un Rafael N°8400 taille 1 pour les petits détails, comme les yeux.

Dans tous les cas, il ne faut pas hésiter à acheter des pinceaux de bonne qualité, même s’ils sont un peu plus couteux, c’est un vrai confort de travail… et on les conserve bien plus longtemps.

 

L’astuce du vieux barbu

Pour que les pinceaux conservent le plus longtemps possible la finesse de leur pointe, après chaque nettoyage et séchage du pinceau, un p’tit coup de salive en mettant les poils à la bouche pour reformer la pointe, certes, ce n’est forcément très ragoutant, mais le fait est que ça fonctionne.

 

 

LA PALETTE

Tutoriel peinture de figurinesLorsque l’on débute, on a tendance à prendre au pinceau la peinture dans le pot et aller direct sur la figurine. Et puis, à force d’expérience et de conseil, on apprend qu’il vaut bien mieux diluer la peinture, car cela rend le résultat plus esthétique : en diluant la peinture, on masque moins les détails, on ne voit pas les coups de pinceaux sur les surfaces planes et on peut facilement faire des éclaircissements et des dégradés qui flattent la rétine. Bref, la dilution, c’est la solution !

Pour cela, il faut utiliser une palette. Dans un premier temps, on peut utiliser n’importe quelle surface plane et propre : assiette en carton ou en plastique, CD d’André Rieu, carreau de faïence et pour les plus riches, palette en plastique achetée en magasin d’art ou chez Games Workshop.

Mais il y a mieux, plus pratique, plus élégant, moins cher et surtout plus efficace : la palette humide. Pour faire une palette humide, rien de bien compliqué. Il faut un récipient, avec des bords pas trop hauts : un couvercle de bac de glace (vanille ou citron, pour les goûts, c’est selon…) fait parfaitement l’affaire. Dans ce récipient, on dépose une ou deux feuilles d’essuie-tout pliées, afin d’en tapisser le fond (des cotons plats démaquillants ça marche aussi). Puis on imbibe l’essuie-tout d’eau. Par-dessus, on dépose un morceau de papier cuisson, découpé à la taille. Bingo, la palette humide est prête à être utilisée.

Le principe est de mettre la peinture sur le papier cuisson. Celui-ci étant en parti perméable, l’eau remonte par capillarité à travers le papier cuisson et vient humidifier juste ce qu’il faut la peinture. Certes, la peinture ne se conserve pas indéfiniment, mais beaucoup plus longtemps que sur une palette sèche. Et certains utilisent même des boîtes qui se referment (genre boite pour DVD) et conservent leur palette au réfrigérateur (entre les flans au caramel et le jambon) d’une séance de peinture à l’autre, ce qui est particulièrement pratique lorsque l’on travaille avec des mélanges. En plus, c’est économique, puisqu’il suffit de mouiller à nouveau l’essuie-tout et de changer le morceau de papier cuisson pour disposer d’une palette immaculée.

 

L’astuce du vieux barbu

Petit retour d’expérience en passant, vérifiez bien que le papier cuisson que vous utilisez est blanc ; j’ai testé avec du papier dit « naturel », de couleur brun-beige et cela a pour effet de modifier la perception des couleurs.

Par ailleurs, les puristes vous expliqueront qu’il faut prélever la peinture du pot et la déposer sur la palette non pas avec les poils du pinceau, mais avec l’extrémité du manche. Moi, j’ai la flemme et je fais tout aux poils… non, pas à poil, AUX poils !

 

L’EAU

Tutoriel peinture de figurinesEt oui, il faut de l’eau puisque la peinture acrylique se dilue à l’eau et donc un récipient pour tremper et nettoyer ses pinceaux. Du verre à moutarde au gobelet en plastique, tout est possible et je n’ai pas de préférence particulière. Les peintres méticuleux aiment utiliser deux gobelets. Il y a deux écoles. Une possibilité est d’utiliser un premier récipient dit « d’eau sale » pour rincer son pinceau et un second dit « d’eau propre » pour reprendre de l’eau propre avant de charger son pinceau en peinture et ainsi ne pas salir ses couleurs. L’autre possibilité que j’ai rencontré est d’avoir un gobelet pour nettoyer et diluer les peintures dites « normales » et l’autre pour les peintures « métalliques ». Ces teintes sont composées de peinture normale additionnée de pigments métalliques et ces derniers ont tendance à surnager et parfois s’incruster dans une couleur classique alors qu’ils n’avaient rien à y faire.

Personnellement, je suis un bon gros gougnafier et je n’utilise qu’un seul et même récipient pour l’eau. Cependant, je vide et remplis à nouveau mon verre régulièrement, en particulier après avoir utilisé des couleurs métalliques.

 

 

 

L’astuce du vieux barbu

Évitez les mugs. Dans l’absolu, une tasse va aussi bien qu’un autre récipient, mais j’ai trop souvent vu des peintres, concentrés sur leurs figurines, qui se sont trompé de récipient et ont nettoyé leur pinceau dans leur mug de café avant d’en avaler une gorgée.

LE CHIFFON

Tutoriel peinture de figurinesUne fois le pinceau nettoyé à l’eau fraîche, il va bien falloir le sécher.
Pour cela, il y a deux solutions :

L’essuie-tout : pratique, il remplit son rôle avec brio. À choisir, préférez-le d’un blanc immaculé, cela permet de vérifier que son pinceau est bien propre. En effet, les résidus de peinture sont plus difficiles à voir sur fond de petites fleurs ou de motif automnal.

Le morceau de tissu : il remplit également très bien son rôle. Généralement il s’agit de récupération (personnellement j’utilise un des torchons à vaisselle de feu mon arrière-grand-mère… du coup, y’a un côté hommage familial en bonus), il est lavable, donc réutilisable et donc plus écologique. Et puis, devant les potes, le torchon plein de tâches atteste de son travail de peinture. Et mettre la pression aux copains alors qu’on a tout juste commencé un gobelin, ça n’a pas de prix !

 

 

 


Suggestions de lecture

Les livres dont vous êtes le héros à l’école primaire, les jeux de rôle au collège, les figurines au lycée et les jeux de cartes à collectionner à la fac, sa scolarité fut surtout une suite de découvertes ludiques. Aujourd’hui passé dans la catégorie « vieux barbu », il reste néanmoins un coloriste de petits soldats et un pousseur de meeple. Désormais, il use de son expérience pour prêcher la bonne parole à cette jeunesse qui renâcle à s’enquiller un bouquin de règles de 150 pages et privilégie les figurines pré-peintes. Mais tout espoir n’est pas perdu !

5 Commentaires

  • Répondre mai 25, 2015

    Globul

    Dans la trousse à pinceaux, qui est un mug d’ailleurs, pas besoin d’avoir grand
    monde, juste des Raphael n°1 (8413) en Martre Kolinsky – pov’ bêtes.

    Et puis aussi un Raphael 4 en synthetique pour noyer mes petits gars 15 mm sous des déluges de lavis.

    Pour faire bien il faudrait un pinceau à tête large pour les brossages, mais je les sous-traite à Lidael :)

    Pis sinon, le pot-pipette c’est chouette. Idéal pour faire des mélanges précis.
    D’ailleurs le pot-pipette dépasse ses homologues de la tête et des épaules, voyez la photo.

  • Répondre novembre 9, 2015

    Yom

    Juste une petite réaction (sans animosité) à la phrase suivante :

    > Mettez également de côté les pots d’Énamel Humbrol (peinture à l’huile émaillée) avec lesquels les vieux barbus de mon âge ont peint des maquettes, c’est peu pratique car la couleur se dilue et se nettoie au White-Spirit. Reste la peinture acrylique, qui permet d’allier pouvoir couvrant, solidité et facilité d’utilisation

    Pour information :

    (1) La peinture Humbrol peut également se diluer à l’essence F, qui pue beaucoup moins que le White Spirit, permet d’obtenir un rendu (encore) plus mat et la rend super pratique à utiliser à l’aérographe.

    (2) Elle constitue un complément idéal pour ceux qui utilisent de la peinture à l’huile. Il est nécessaire, quand on peint à l’huile, d’utiliser une « couche maigre », c’est à dire une couche de base qui donnera un fond uni sur lequel on pourra appliquer les effets à la peinture à l’huile sans avoir de traces disgracieuses dues à l’éventuelle transparence de ces dernières. Divers types de peintures peuvent être utilisés à cette fin, pourvu qu’elles soient moins grasses (et surtout sèchent plus vite) que le peinture à l’huile que l’on va finalement utiliser.

    On peut ainsi utiliser de la peinture à l’huile avec proportionnellement moins d’huile en la diluant avec une essence plus maigre ; mais ça reste encore relativement long à sécher, ce qui n’est pas pratique si on doit en plus appliquer plusieurs couches. Certains utilisent de la peinture acrylique. La peinture enamel constitue un bon compromis : moins lente a sécher que la peinture à l’huile, très couvrante, éventuellement miscible avec la peinture à l’huile pour nuancer les couleur, impeccablement mate pour offrir une bonne accroche à la peinture à l’huile que l’on va ensuite appliquer  …

    (3) Je trouve qu’il est très indulgent de décrire les peintures acryliques comme alliant la « solidité » au pouvoir couvrant et à la facilité d’utilisation.

    Facilité d’utilisation, OK (encore que sa trop grande rapidité de séchage interdit tout un éventail de techniques intéressantes, d’où le fait que certains peintres lui préfèrent la peinture à l’huile).

    Pouvoir couvrant OK. Mais tout type de peinture peut l’apporter du moment que le fabriquant y met suffisamment de pigments (ou une charge de gris qui augmente la couvrance à moindre coût et au prix d’une désaturation de la teinte).

    Mais pour la solidité, pardon. Au moindre poc, la figurine est bonne à être retouchée. C’est quand même embêtant pour des figurines de jeu qui ont vocation à être manipulées et qui risquent de recevoir des dés sur la courge.

    Même si nulle peinture n’est totalement indestructible, la peinture enamel est incomparablement plus résistante que l’acrylique.

    Les peintures qui pourraient lui disputer le titre dans ce domaine sont les peintures époxy (pas ou peu utiliser en modélisme car bien trop pénibles à utiliser du fait qu’elles sont bi-composantes), les peintures cellulosiques (pas mal utilisée au Japon, mais très peu en Europe, à cause de leur toxicité) ou les peintures uréthanes (encore plus toxiques et réservées aux peintres de carrosseries custom pro ou semi-pro).

    Mais les peintures acryliques, pour ce qui est de la solidité, font l’unanimité contre elles chez à peu près tous ceux qui connaissent d’autres types de peinture. Elles peuvent avoir d’autres qualités, mais certainement pas celle-là.

  • Répondre novembre 12, 2015

    Lidael

    Merci Yom pour toutes ces informations (et ton site que je découvre au passage).

    Sur la question de la solidité, je crois que c’est aussi lié à celle de l’usage. Sur un wargame du type Warhammer 40k, Flames of War, etc. il y a beaucoup de manipulations, encore plus si tu joues en club et en tournois. Pas étonnant du coup que l’acrylique puisse s’abimer à force.

    Après pour de la figurine de jeu de plateau, de type Zombicide, Mice and Mystics, etc. je trouve que ça s’abime pas trop, mais l’usage n’est pas le même. J’ai des figurines, assez vielles maintenant, de Descent qui n’ont pas bougé.

    Sinon, je suis assez d’accord avec toi sur le fait que l’acrylique contraint beaucoup la manière de peindre à cause de la rapidité de séchage, mais c’est quand même plus simple et plus pratique à manier que l’huile. D’autant qu’on fait là un tuto pour les débutants :)

  • Répondre novembre 12, 2015

    Globul

    Côté solidité de la peinture, ma petite expérience de sauvage qui laisse parfois tomber des trucs m’a livré une vérité simple et cruelle :
    la solidité de la peinture est grandement liée au support, sur du métal ça s’écaille très facilement et il faut vraiment faire gaffe au transport,sur du plastique c’est plus tolérant.

    Ce qui s’ajoute aux autres avantage des figs plastique/résine : finesse des détails, facilité à limer/transformer, coût, etc.

  • Répondre janvier 27, 2016

    Yom

    Je retombe par hasard sur ces commentaires quelques mois après en cherchant autre chose sur Internet, l’occasion de m’apercevoir que j’ai eu des réponses.

    Juste une petite mise au point : je ne vous reproche aucunement de faire un tuto sur la peinture acrylique plutôt que sur les huiles et les enamels. Vous faites des tutos sur ce que vous connaissez et c’est très bien. Je réagissait juste sur des affirmations sur les différents types de peintures qui me paraissaient être des contre vérités.

    A vrai dire, c’est assez souvent que je vois des tutos sur l’acrylique qui, comme s’ils avaient besoin de justifier ce choix, dénigrent les autres types de peintures. Mais je parierais que la plupart de ceux qui écrivent ces tutos n’ont en fait jamais vraiment connu que les peintures acryliques (qui sont aujourd’hui ultra-majoritaires dans notre hobby, mais il n’en a pas toujours été ainsi).

    Quelques informations complémentaires pour ceux que ces questions intéresseraient (attention, tartine de texte en arrivée) :

    1) Sur la question du fait que les acryliques seraient plus pratiques et simples à manier que les huiles, cela dépend de quoi on parle. Il est indéniable que le fait de pouvoir diluer à l’eau est un atout certain pour ce qui est du confort (encore que certaines acryliques soient solvantées plutôt qu’aqueuses, comme celles de la marque Tamiya).

    En revanche, pour ce qui est de la simplicité et du confort TECHNIQUE, c’est complètement une affaire d’opinion et de préférences personnelles. Bien qu’ayant été à une certaine époque un peintre à l’acrylique d’un niveau tout à fait honorable, je me suis finalement tourné vers l’huile en premier lieu (c’est à dire avant même les considérations de solidité de la peinture) parce que je trouvais les techniques (avancées) de l’acrylique trop fastidieuses à exécuter.

    Par « techniques avancées » de l’acrylique, je n’entend pas le brossage à sec ou le lavis, mais les fondus par petites touches successives de mélanges toujours plus clairs pour les éclaircissements et toujours plus foncés pour les assombrissements. Ca me permettait d’avoir des jolis rendus mais qu’est-ce que je pouvais trouver cela long et chiant à faire … Alors qu’avec la peinture à l’huile, grâce justement à sa texture grasse et à son temps de séchage long, on peut faire des fondus dix fois plus fins en cinq minutes chrono. C’est même TELLEMENT FACILE que ça me donne parfois mauvaise conscience quand je vois des peintres à l’acrylique s’émerveiller devant mes fondus …

    Du coup, je ne dirais pas non plus que les peintures acryliques sont mieux pour les débutants, comme le suggère Lidael dans sa réponse. Ce sont des techniques, au moins pour partie, différentes de celles des enamels et des huiles. Aussi débuter à l’acrylique ne vous fera pas significativement progresser pour ensuite peindre aux enamels ou à l’huile. Autrement dit, on ne devient pas un peintre expert aux enamels et à l’huile après avoir été un débutant à l’acrylique. On devient plutôt un peintre expert aux enamels et à l’huile après avoir été un débutant aux enamels et à l’huile ; de la même façon qu’on devient un peintre expert à l’acrylique après avoir été un débutant à l’acrylique.

    A l’intérieur même du petit monde des peintures acryliques, il peut y avoir des spécificités déroutantes. Si, comme la plupart des figurinistes de jeu d’aujourd’hui, vous êtes des habitués des peintures Citadel, Privateer Press ou encore Vallejo ; essayez juste une fois d’utiliser un pot de peinture Tamiya … vous m’en direz des nouvelles. Ce sont pourtant aussi des acryliques …

    Pour l’anecdote, j’en ai longtemps voulu à Mike McVey qui était à l’époque des premiers White Dwarf en français l’auteur de la rubrique peinture de la revue. Il présentait des photos de figurines peintes qui (à l’époque) passaient pour superbes et à côté de cela il écrivait des articles pour décrire des techniques comme le brossage à sec et le lavis. Seulement quand on employait ces techniques simples, on n’obtenait pas du tout les mêmes résultats que sur les photos ; mais plutôt un aspect tout dégueulasse et poudreux pour les brossages ou de grosses auréoles pour les lavis … Je suppose que vous voyez bien de quoi je veux parler …

    J’ai plus tard compris que ces techniques simples avait été mis aux points plutôt par et pour des peintre aux enamels, qui sans êtres aussi grasses que les huiles le sont beaucoup plus que les acryliques.

    Le modélisme est né dans les années 1930. A cette époque, les résines acryliques n’existaient pas encore (elles ont été inventées fin des années 1950). Les premières peintures disponibles à l’époque étaient les enamels (parce qu’elles était également utilisées par l’industrie automobile et qu’elles étaient donc adaptées pour peindre fidèlement des maquettes de voitures). Avec ces peintures plus grasses que les acryliques, les techniques du brossage à sec et du lavis passent autrement mieux. Sans non plus faire des miracles, elles ne produisent pas cet aspect granuleux que l’on obtient avec une peinture très sèche comme l’acrylique. Astuce : pour le lavis à l’acrylique, utilisez du retardateur, ça ira déjà un peu mieux.

    Les acryliques ne sont apparues sur les étals des modélistes que dans les années 1970 / 1980. Le brossage à sec a continué à être mentionné et utilisé par tradition, mais il n’est pas tout à fait adapté à ces peintures.

    2) Globul a parfaitement raison de mentionner l’influence du matériau du support dans la résistance de la peinture aux chocs. C’est en fait moins lié à une meilleure adhérence de la peinture au matériau qu’à son élasticité ; sauf dans le cas des peintures cellulosiques qui sont capables de se fondre sur quelques micron dans le plastique même.

    Le plastique est plus élastique que le métal (et que la plupart des résine). Cela fait que quand il subit un choc, il est capable de se déformer (à une échelle microscopique) pour ensuite reprendre sa forme initiale. Ce faisant, il disperse mieux l’onde de choc subie.

    Du coup la peinture souffre moins SI elle est elle-même suffisamment souple pour suivre ces micro-déformations. Les peintures acryliques, enamels et à l’huile le sont toutes. En revanche, les peintures cellulosiques pures (comme les peintures métalliques Alclad) ne le sont pas et c’est pour cela que quand elles s’écaillent, c’est par plaques de taille plus importante. C’est pour cela aussi que les peintures cellulosiques utilisées majoritairement par les modélistes japonais, notamment celles de la marque Gunze Sangyo / Mr Color (parfois aussi vendues sous les marques GSI Creos et peintures Gundam) sont en fait des cellulosiques acryliques. C’est à dire qu’on a ajouté aux résines cellulosiques qui les constituent une portion de résines acryliques pour les assouplir un peu. C’est aussi le cas pour les peintures en bombe Tamiya.

    Un métal rigide, quant à lui, ne se déforme pas et la peinture subit donc le choc plein pot, d’où plus de chances de l’endommager que sur une figurines plastique.

    Un métal plus mou (comme à l’époque où les figurines étaient fabriquées dans des alliages contenant du plomb), les figurines pouvaient se déformer sous le choc … mais ne reprenaient pas leur forme initiale. Laisser tomber un figurines, c’était la quasi certitude de la ruiner.

    L’élasticité du matériau est donc effectivement l’un des facteurs qui feront que la peinture va subir plus ou moins de dégâts pour un choc donné. Mais il demeure que la résistance intrinsèque de la peinture est un autre de ces facteurs et sur ce point, je persiste et signe : la peinture acrylique est relativement médiocre quand on la compare à pratiquement tous les autres types ed peintures (il n’y aurait guère que la gouache et l’aquarelle pour faire pire, mais on ne les utilise pas en modélisme).

    Par ailleurs, il existe d’autres contraintes mécaniques que les chocs. Il y a notamment l’arrachement. C’est un point qui peut s’avérer important pour ceux d’entre nous qui ont des aérographes et qui utilisent du scotch de masquage ou du masque liquide (style Maskol). A l’époque où j’ai fais mes premières armes à l’aérographe, c’était avec des acryliques. Et bien je peux vous dire que ça m’est arrivé un paquet de fois de faire une jolie couche de base, pour ensuite masquer une partie au scotch Tamiya, faire un joli éclaircissement sur la partie non masquée et … tout arracher au démasquage (souvenir ému concernant notamment des boucliers de gladiateurs Urban War).

    Aujourd’hui, quand j’emploie l’aérographe, c’est soit pour utiliser des peintures métallisées Alclad (cellulosiques), soit des peintures enamel Humbrol. Pour ces dernières, en les diluant à l’essence F, ça passe du tonnerre (en plus, l’essence F, à 2 ou 3 € le litre en magasin de bricolage, c’est pas trop cher en comparaison des diluants de marque). Comme l’enamel ne sèche pas trop vite, la couche de peinture a bien le temps de se tendre sur la surface de la figurine et le résultat est impeccable. Ca évite aussi le bouchage de la buse et facilite le nettoyage de l’aérographe … bref, que du bon. Et je suis beaucoup plus serein au masquage / démasquage.

    En espérant que ça pourra en intéresser certains.

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