THE ISLAND – Terra Inglouglouta

The islandThe Island
Auteur(s) : Julian Courtland-Smith
Illustrateur (s) : Jean-Brice Dugait, Stéphane Gantiez, David Ausloos
Éditions :
Mécanisme (s) : affrontement, ,
Thème :
Année : 2012
À partir de 8 ans – 2 à 4 joueurs
Durée d’une partie : environ 3/4 h.

Isla de la Muerte

Au fond il avait raison Jack, il y avait bien un trésor fabuleux et côté aventure il n’avait pas menti non plus. Il y avait d’autres explorateurs sur le coup, c’est un peu inévitable quand on se lance dans ce genre d’aventures, l’or attise les convoitises. L’ami Jack a par contre été plutôt approximatif sur le retour. Rien de bien exceptionnel, on arrive en barque, on repart en barque. L’équipe est nombreuse donc on fait plusieurs voyages.

Il reste néanmoins des éléments qu’il n’a pas vraiment mentionnés, comme le fait que voler le trésor entraînait un mécanisme provoquant l’engloutissement de ladite île ! Les requins on pouvait s’en douter un peu sous ces latitudes, mais des baleines, des monstres marins…

 

The island : mécanismes de jeu

The islandAu milieu du plateau il y a l’île, constituée de tuiles hexagonales, de trois hauteurs différentes : les plages, les bois et les collines. Le tout s’enfonce progressivement, à son tour de jeu chaque joueur enlève une tuile en commençant par celles de plage, puis les bois quand toutes les plages sont submergées et ainsi de suite.

Sur l’île il y a votre vaillante équipe d’aventuriers, dix explorateurs que vous allez placer en alternance avec vos adversaires. Les petits bonshommes sont tous identiques mais ils n’ont pas la même valeur unitaire. Sous leurs pieds est écrite leur valeur, de un à six. À la fin de la partie il faudra avoir sauvé le plus de personnes certes, mais surtout ceux qui sont les plus importants.

Il y a aussi les petites barques, chaque joueur en place deux à proximité de l’île.Une barque peut abriter trois personnages mais un seul suffit à les déplacer : il paraît que la perspective de se faire boulotter par un requin décuple les forces.

 

Capitaines abandonnés

Une fois le placement initial terminé, c’est parti pour la grande aventure, l’eau monte ! Le tour de jeu est simple, il s’agit de faire avancer ses gusses (à la nage, en bateau ou sur l’île), de submerger une des cases de l’île en enlevant la tuile et de regarder ce qui est derrière cette tuile. Selon les cas il va s’agir d’un bonus à garder pour plus tard ou d’une véritable tuile à appliquer illico. Ensuite on lance un dé pour savoir si l’on bouge une bestiole : requin, baleine ou serpent de mer.

Réussir à rassembler ses petits gars, les faire grimper en bateau et cingler vers les quatre coins du plateau où se trouvent des terres accueillantes va prendre du temps, beaucoup de temps car les mouvements effectués à chaque tour sont vraiment réduits.

 

Compagnons de fortune

The islandVouloir affréter sa barque personnelle pour y mettre ses personnages pour sauver sa peau à soi est une entreprise incertaine car bizarrement le frêle esquif arborant une seule couleur va attirer les ennuis. Il est souvent plus malin de s’allier – très temporairement – avec ses adversaires pour garantir un passage sans souci à une barque.

Il arrive fréquemment qu’un personnage sec se retrouve subitement mouillé et en train de nager, il suffit qu’une baleine retourne sa barque ou que le sol de l’île sur lequel il était soit submergé. Le nageur va avancer très lentement et sert souvent de sandwich aux requins et aux serpents de mer. Les baleines ne croquent personne, par contre dégommer les barques les fait rire… comme des baleines.

Le serpent de mer profite honteusement de son statut de mythe pour faire ce qu’il veut et donc il croque tout, barque et occupants.

 

Astuces et coups foireux

Le plus important est naturellement de savoir gérer sa barque, d’optimiser les alliances tacites pour évacuer vos VIP en toute discrétion, tout en décimant les gars de vos adversaires, mais sans trop se faire remarquer, sans quoi vous êtes mal barré, évidemment.

Le jeu est empli de dangers, de bestiaux affamés et vos adversaires sont sans scrupules, mais votre pire ennemi est peut-être votre mémoire : vous souviendrez-vous de la valeur de vos bonshommes, alors qu’ils se ressemblent tous et qu’ils ont changé de position. C’est sournois à souhait comme mécanisme de jeu. D’aucun diront qu’on ne se laisse pas avoir deux fois…

Les bonus collectés en cours de route permettent de tordre de temps en temps la main du destin : tel nageur bouffe le requin qui pensait bien déguster mais pas à ce point là, une barque jaillit des flots de manière fort opportune et ainsi de suite. Cela compense les mauvaises surprises qui ne manquent pas d’arriver, comme les tornades qui volatilisent joyeusement quelques cases et leur contenu.

 

Sur la plage abandonnée

À la fin c’est vraiment épique, l’île explose, s’engloutit totalement et tous ceux qui n’ont pas atteint la terre ferme seront déclarés disparus. Les survivants se réunissent et regardent leurs numéros… ils se comptent alors et se comparent aux autres équipes. Les plus nombreux en points ont gagné, ils se gaussent alors sans vergogne. L’histoire ne dit pas ce qu’il advint du trésor.

 

La tribu vous a déjà parlé de The island, c’est l’occaz’ de réécouter le podcast.

 

 

Avatar de GlobulL’avis de Globul
Le premier point fort de The Island, c’est son visuel, le plateau de jeu et son matériel sont de bonne facture, on voit bien tout de suite que les petits bonshommes vont avoir besoin d’un sérieux coup de main pour s’en sortir.

Le jeu est dynamique et rapide, vraiment plaisant à manipuler. Les possibilités d’action sont limitées à chaque tour mais l’on prévoit forcément ce que l’on pourra essayer par la suite. Deux, trois coups d’avance sont envisageables, du moins si un requin ne décide pas de passer par là entre-temps.

Pour rester dans le thème il est possible d’enchaîner sur un petit Croc ! ou pour ceux qui tiennent à se réconcilier envisagez une partie de l’Île interdite.

 

 

Un grand grand merci à Paul pour les photos !

 


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Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

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