LA VENISE DU NORD – Dans de beaux draps

 

La Venise du NordLa Venise du nord
Auteur(s) : Sébastien Dujardin
Illustrateur(s) : Élise Catros
Éditions : Asyncron Games – Blackrock
Genre : jeu de plateau
Mécanisme(s) : ,
Thème : Commerce
Année : 2012
À partir de 10 ans

2 à 4 joueurs
Durée de partie : environ 1h30 min.
Prix : nc

 

 

Un pont trop bien

La Venise du Nord, mais c’est bien sûr, c’est Bruges ! Hop, le temps d’un jeu il s’agit de troquer ses frusques made in China pour les beaux atours d’un bourgeois marchand de la fin du XV e siècle. Attention à la qualité, c’est du bon cousu main, d’autant que la spécialité de votre marchand c’est le textile, le lin, la soie, la dentelle bien sûr et les pierreries qui s’arrachent dans toutes les cours d’Europe. La richesse en point de mire et la célébrité en faisant construire un pont ou deux, voire la postérité en posant pour un peintre comme Van Eyck, il se débrouille paraît-il.

 

La Venise du nord : mécanismes de jeu

La Venise du NordLa Venise du nord est comme pas mal de jeux de gestion, on comprend en voyant le matériel, les petits plateaux et les petits cubes qu’il va y avoir des trucs et des machins. Le plateau et le petit cube en bois c’est un peu la représentation d’Excel pour gamer.
Donc chacun a son petit plateau personnel qui peut contenir des ressources (lin, or, soie, etc.) , des manufactures et des commandes.

Chose plus rare dans un jeu de gestion, il y a un plateau modulaire fait de gros hexagones et chaque joueur a un bonhomme qui le représente dans ses pérégrinations en ville. La forme de la ville peut varier ce qui non seulement renforce l’intérêt tactique des déplacements, mais influe aussi sur la rejouabilité du jeu.

Au menu du tour de jeu, il va falloir collecter des ressources, obtenir des manufactures, les mettre en état de produire et leur faire produire des choses pour répondre à des commandes. Ces commandes une fois honorées, il sera possible de vendre les produits. Au passage, faire construire des ponts entre les quartiers permet non seulement d’apparaître comme un honnête marchand fort urbain, mais aussi de se déplacer plus vite et d’engranger moult points pour la victoire finale.

 

Le quartier c’est sacré

La Venise du NordChaque hexagone représente un quartier dédié à une activité : production d’une ressource, obtention de cartes manufacture ou commande, marché pour vendre ses produits, port pour vendre quelques ressources. Le mécanisme de déplacement et d’utilisation des quartiers est original, il s’agit de lancer deux dés, l’un servira à se déplacer, l’autre à activer le mécanisme de la case d’arrivée. Si par exemple j’obtiens un deux et un quatre je peux aller moyennant deux cases sur le quartier produisant du lin où je pourrais prendre quatre unités de lin.
Le dernier dé utilisé sur une case reste sur cette case, il est possible au nouvel arrivant sur la case de le remplacer s’il a un dé inférieur en valeur… poser un dé « un » permet donc de s’assurer d’y rester. Celui qui est ainsi installé sur une case reçoit une partie de la production quand elle est activée.

 

Le marché anticipe la baisse

Le juge de paix c’est le marché, pour chaque production vendue il est possible d’ajouter un petit modificateur sur les prix des ventes suivantes. Mais chaque vente réduit la durée restante de la partie. Une fois que toutes les ventes possibles ont été faites, c’est la fin, chacun compte ses points, ses ponts et le meilleur l’emporte.

 

Tactiques et coups foireux

La Venise du NordLa Venise du Nord met en place de nombreux mécanismes, il est possible d’avoir de petites ou de grandes manufactures, de faire des ponts, de négocier ses produits et d’obtenir des ressources pour plus ou moins cher. Des cartes permettent d’avoir des bonus de fin de partie en remplissant des objectifs secondaires. Gérer les déplacements est une activité à part entière car cela utilise un dé et donc détermine fortement l’usage de l’autre dé qui sera celui de l’action. Un petit bateau permet de prendre des raccourcis mais le système de déplacement est globalement contraignant, d’autant plus si la configuration des hexagones de la ville la dispose en longueur.

Les points de victoire se gagnent petit à petit, il est assez difficile de savoir qui est le plus performant en cours de partie, sauf en ce qui concerne les ponts qui sont bien visibles sur le plateau de jeu.

 

L’avis de Globul
Mon avis est mitigé sur La Venise du Nord. Certains éléments sont vraiment originaux et intéressants comme la répartition des dés en déplacement et action. Les nombreuses possibilités d’action sont difficiles à exploiter dans une partie qui au final est plutôt courte pour un jeu de ce type. Certaines phases me paraissent superflues comme la construction des ateliers.
Bien sûr il s’agit d’un jeu purement cérébral mais retrouver une fois de plus les cubes et les personnages de bois n’aide pas à l’immersion, à la différenciation du jeu par rapport aux autres.

J’avoue que je ne suis pas fan de ce type de jeu, celui-ci me paraît pétrit de bonnes idées et de mécanismes originaux, mais vouloir faire tenir tout cela dans un jeu relativement court n’est pas aisé. Après c’est peut-être justement la capacité à tirer le meilleur de nombreuses possibilités qui distingue les bons joueurs.

 

L’avis de B52
Un jeu de placement à suivre, j’aime bien en particulier quand les joueurs ont leur petit plateau personnel à gérer. Il faudrait tester plus longuement le jeu pour se faire une idée juste, mais à mon avis c’est surtout un excellent jeu à deux. Attention à la configuration du plateau de jeu, cela conditionne pas mal la qualité de la partie.

 

L’avis de Woobs
Graphiquement La Venise du Nord tient la route ce qui est très agréable. C’est un jeu de dés à hasard raisonné, ce qui est plutôt bien vu. À quatre joueurs la partie est beaucoup trop longue, à deux joueurs on doit pouvoir prévoir des actions à plus long terme, ce qui n’est pas inintéressant pour ce type de jeu.

 


Suggestions de lecture

Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

Commentez en premier