Cannes 2014 vu par Bib

Medieval academy

 

Le salon du jeu à Cannes prend d’année en année de plus en plus d’ampleur et de prestige, la professionnalisation et l’évolution du monde du jeu de société rend ce lieu incontournable pour les éditeurs, il apparaît que cet événement devient une date importante pour lancer de nouveaux jeux ou prototypes. Je vais donc vous décrire ma journée à Cannes, bien trop courte bien sûr, à travers les quelques jeux que j’ai pu tester.

Vendredi 28,10h15, déjà en retard pour l’ouverture, j’ai la chance d’habiter près d’Aix-en-Provence et de pouvoir venir avec mon véhicule mais malheureusement traverser Cannes est une vraie galère. La foule est groupée à l’entrée et le contrôle automatique des sacs dure une éternité. Nous sommes trois et chacun avons une liste hors norme de jeux à tester. Évidemment, sur ce point-là, nous resterons sur notre faim.

 

Chez

ShinobiPremier tour d’horizon, nous arrivons sur l’immense stand de Iello et nous profitons d’une table libre pour tester Shinobi Wat-aah. Ce jeu de cartes édité par Creations est une vraie claque visuelle, les illustrations de Naïade sont extraordinaires et donnent immédiatement l’envie de jouer aux ninjas (Shinobi). Shinobi Wat-aah comprend deux modes, “petit scarabée” et “maître d’armes”. Nous avons essayé seulement le mode d’initiation qui consiste à jouer de une à quatre cartes clans (il y a neuf clans de neuf cartes) par tour. Chaque clan dispose d’un pouvoir spécial qui augmente en fonction du nombre de cartes jouées et d’une valeur qui servira pour le décompte des points. Les clans qui rapportent plus de points ont un pouvoir plus faible.
Le système de jeu repose également sur un astucieux mécanisme de pioche : il faut faire un choix entre piocher une carte ou recruter, cette dernière action permet de piocher immédiatement plus de cartes mais apporte un malus en fin de manche. La partie se joue en quatre manches et chaque manche se termine lorsqu’un joueur a posé quatre clans sur la table. Si le jeu s’arrêtait là, il serait un agréable mélange de Sobek et Koryo mais l’auteur, Théo Rivière, a eu la bonne idée d’inclure un second mode avancé qui a l’air fort sympathique et original. Ce mode consiste à battre un boss final défini aléatoirement parmi plusieurs. Entre chaque manche les joueurs, en fonction de leur classement, bénéficieront d’étoiles de ninja à jouer sur divers emplacements du plateau de jeu afin de gagner des cartes bonus et autres points de victoire. Un jeu joli et plutôt très agressif. J’ai hâte d’en faire une autre partie.

 

Shinobi
Shinobi

 

Chez

Desperados of Dice TownDesperados of Dice town est un jeu de dés sur le thème du Western des compères Bruno Cathala et Ludovic Maublanc.

Un peu septique lors de l’explication des règles, le jeu s’avère plutôt fun et très violent.
Le but est de libérer tous les desperados de son gang en cherchant lors des lancés de dés des combinaisons spécifiques. Les desperados libres peuvent par le biais des dés, braquer les autres joueurs et leur faire perdre de l’argent. Le gagnant sera celui qui réussira au même moment à libérer ses desperados et être le plus riche. Un paquet de cartes à piocher ajoute des rebondissements et des coups bas bienvenus. Le jeu est mis en valeur par du matériel de qualité et des illustrations signées Pierô de toute beauté.

 

Desperados of Dice Town
Desperados of Dice Town

 

Chez

SoukJ’avais très envie de tester Souk car l’auteur n’est autre que Gary Kim, le créateur de l’excellentissime Koryo que je trouve particulièrement malin et subtil. Souk est un petit jeu de cartes qui se joue en quatre manches et dont le but est d’évaluer le cours de certaines épices (huit au total) et de grappiller un maximum de points de victoire en misant sur la plus lucrative. Pour cela chaque joueur va devoir choisir secrètement en début de manche et en fonction de sa main une épice avec laquelle il pense pouvoir marquer des points. Les joueurs auront à choisir par la suite entre : jouer de une à trois cartes d’une même épice sur l’un des six marchés du plateau de jeu ou bien parier sur le cours d’une nouvelle épice en misant cette fois-ci une carte visible. Le nombre de cartes jouées sur chaque marché déterminera la valeur de chaque épice avec un maximum de quatre cartes par marché. Les manches se terminent lorsque deux marchés sont complets ou si tous les marchés sont occupés. Au fur et à mesure de la partie, le jeu devient plus subtil car les cartes misées en début de manche ne sont pas remises en jeu ainsi certaines épices se raréfient ce qui demande une lecture du jeu plus approfondie. Un jeu, me semble-t-il un cran en dessous de Koryo.

 

Souk
Souk

 

Chez Blue Cocker

Je ne reviendrai pas sur les règles de Medieval Academy décrites dans plusieurs articles mais en gros, le jeu consiste en une première phase de draft de cartes à la 7 Wonders toujours efficace et s’ensuit un système de majorité sur différents plateaux  qui correspondent aux différents modules d’enseignement de la Chevalerie (joutes, pourfendre le dragon, galanterie…). Le jeu tourne très bien, les choix à faire sont agréables et variés. C’est une vraie bonne surprise d’autant plus que le matériel et les illustrations de Pierô assurent un max et sont particulièrement drôles.

 

Medieval academy
Medieval academy

 

 Chez les Ludonautes

Une partie de mon après-midi s’est déroulée sur le stand des Ludonautes où j’ai eu l’immense chance de pouvoir faire ma première partie de Lewis & Clark avec l’auteur du jeu Cedrick Chaboussit. La partie, à trois joueurs, fût épique, tendue et vraiment géniale. Je m’interdis habituellement de donner un avis tranché après une seule partie mais là vraiment j’ai pris une vraie claque ludique. Peut-être le fait de jouer avec l’auteur donne une aura particulière à cette partie, en tout cas, j’ai apprécié ses explications, sa disponibilité, son envie de nous montrer l’intelligence de son je… et l’erreur qu’il a commis en défaussant son chef d’expédition ce qui m’a permis de décrocher ma première victoire ! Bien des adjectifs me viennent en tête pour décrire ce jeu fantastique, je dirais simplement qu’il rassemble des mécaniques originales collant parfaitement au thème servi par un matos haut de gamme, des illustrations de Vincent Dutrait hautes en couleurs et un plateau de jeu qui tend vers la perfection tant il est intelligemment pensé. Je ne vous parlerai pas non plus de la variété des parties, nous étions trois et avons joué de trois manières différentes et chacun aurait pu tirer réellement son épingle du jeu. C’est une vraie perle. Un grand Bravo à Cédrick et aux Ludonautes.

Lewis ans Clark
Lewis ans Clark

 

Un jour à Cannes c’est trop court !

Une journée au salon du jeu à Cannes est bien trop courte tant il y a de choses à voir, à essayer, à découvrir. Je n’ai même pas approché la partie jeux vidéo. Je me suis réellement régalé mais quelle frustration de n’avoir pas pu essayer des jeux comme Lords of Xidit, des plus lourd tels que Bruxelles 1893, Yunnan, Concordia ou Francis Drake, du wargame accessible comme 1775 rebellion, des jeux de cartes comme Brügge ou jeux de dés comme Blueprints et Quantum. Pour conclure, malgré la professionnalisation des éditeurs et du monde du jeu en général, les professionnels, auteurs ou éditeurs restent particulièrement accessibles et ouverts aux échanges. Cette proximité est fort agréable et perdurera je l’espère le plus longtemps possible.

 

 


Suggestions de lecture

Bib

[Rédacteur] Les belles illustrations c’est bien mais Bib aime surtout les mécaniques subtiles, malines qui vont mettre tout son cerveau en ébullition. L’envie de jouer est permanente et il a hâte que ses enfants grandissent pour qu’ils découvrent une ludothèque bien remplie mais attention pas de coopératifs ! On ne mange pas de se pain là ! Bib est un Geek, jeux vidéo depuis tout jeune, découverte de Magic The gathering en 1994 et les jeux de plateau depuis 2007, son nouveau dada !

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