DOBBLE CORSICA – Castagna o Castagnu ?

Dobble corsicaDobble Corsica
Auteur(s) : Toussaint Benedetti, Jean-François Andreani
Illustrateur(s) :
Éditions : Divertis –
Genre : jeu de cartes
Mécanisme(s) : association, réflexe, observation, rapidité
Thème : Corse
Année : 2013
À partir de 6 ans
2 à 4 joueurs
Durée de partie : env. 20 min.
Indicateur de prix : env. 15 euros

 

Sur mon honneur, j’avais le bandit !

Dans certains pays le jeu se pratique à l’intérieur parce qu’il fait mauvais temps tout le temps. J’imagine que les habitants du Grand Nord doivent apprécier la longue nuit polaire propice aux parties de jeu de rôle interminables peuplées de Trolls. Et bien au Sud c’est plutôt en extérieur que l’on s’amuse et que l’on vit de manière générale. L’apéro est une tradition bien établie et c’est tout naturellement que l’on sort les cartes, parce que la pétanque c’est bien, mais ça donne chaud petit !
Dobble Corsica, voilà le petit jeu adapté à l’île de Beauté et gaffe à ne pas confondre Porcu, Cursinu et Lonzu.

 

Dobble : mécanismes de jeu

Dobble corsicaDobble est LE petit jeu de cartes qui dépote et comme le Gobelin Rose ne vous en a jamais parlé (enfin, si, un peu il y a longtemps), ben on va profiter de la sortie de Dobble Corsica pour faire d’une pierre deux coups. Parlons donc de Dobble, il s’agit d’un petit jeu placé dans une boîte ronde, de la taille d’une boîte de thon. Dedans se trouvent une cinquantaine de cartes de forme tout aussi ronde, sur lesquelles sont dessinés des symboles.

Sur chaque carte il y a huit symboles dessinés (étoile, voiture, panneau, etc.). Chaque carte de Dobble possède un symbole commun avec toute autre carte. Oui mais un seul symbole commun. Ce qui fait donc qu’en confrontant deux cartes il faut regarder seize symboles dont deux identiques et quatorze autres différents. Le petit jeu d’association-différenciation n’est pas si simple que cela, d’autant plus, suprême astuce, que la taille des symboles varie. Cela paraît tout simple comme concept mais une bonne part de nos facultés d’association visuelle s’envole  dès que l’on doit associer des dessins identiques mais à une échelle différente !

 

Clémentine ou arbouse ?

Dobble Corsica décline le concept en utilisant des symboles nettement plus intéressants que les trucs standards. Certains éléments tiennent à l’histoire locale (Pascal Paoli, la tour génoise) ou moins locale (Napoléon, hé ouais !). Pas mal de choses se mangent comme le Fiadone, la confiture, le Lonzu ou le champignon. Attention à jouer fin, ne pas confondre la clémentine et les arbouses qui sont plus petites et plus sauvages… bien sûr celui qui parle de citron à la place de cédrat est un naze.

Le tourisme n’est pas en reste avec la crique, le Monte Cinto (ou Cintu) qui est le point culminant de l’île, le maquis et les accessoires de l’été : pastis, pétanque et parasol. Ne pas oublier ce qui se promène en Corse, les bestioles à quatre pattes (cochon, sanglier, mouflon, brebis, vache, champignon… non, pas le champignon) et les autochtones de la catégorie bipède local : les vieux, le chasseur, le berger, la porteuse d’eau, le chanteur de paghjelle.

 

Le jeu commence à se corser

Bien sûr il y a d’autres traditions locales plus controversées. Lesdits éléments ont été intégrés par Toussaint Benedetti et Jean-François Andreani (le bonjour) originaires de Castagniccia et donc Corses par le fait. Voilà, c’est dit, il y a donc aussi des bombes, des bandits, des cagoulés, des paillotes et Colomba la fière corse habillée de noir avec son grand fusil sur l’épaule. Pas de pain de plastic mais quand même un fromage. Notons néanmoins qu’un élément manque au tableau, pas l’ombre d’un Pinzutu .

 

Une boîte, cinq jeux !

Dobble corsicaLe principe de base est donc de repérer sur deux cartes le même symbole, de le nommer et de choper la carte. Cela peut se décliner en plusieurs petits jeux où il faut tantôt acquérir le plus de cartes, tantôt se débarrasser de ses cartes ou mixer cela avec le principe d’une pioche centrale.

Il faut donc travailler à la fois l’observation, la locution, la gestuelle de la main qui va vite et si tout cela ne marche pas songez à vous tailler les ongles en pointe car il peut y avoir du travail manuel (gare à la vendetta tout de même). Une partie se déroule en un petit quart d’heure. Il est possible d’y jouer avec des jeunes enfants, il faut juste qu’ils aient compris que les cartes ne se mangent pas. Perdre une carte ou deux n’est pas grave elles sont interchangeables. Le jeu ayant tendance à beaucoup servir et les joueurs à être aussi soigneux que des « gorettu », il se peut que la durée de vie du jeu soit inversement proportionnelle à sa rejouabilité, laquelle est énorme, à la limite de l’addiction.

 

Tactiques et coups foireux

Il faut avoir l’œil vif dans Dobble et surtout réussir à faire des séries. Dès le l’on a pris une carte regarder si le symbole utilisé n’est pas présent dans la carte suivante, ce qui permet d’enchaîner. Le joueur qui a l’initiative à ce moment possède un grand avantage car les autres sont déstabilisés par le changement de carte et découvrent huit nouveaux symboles.

Inversement il faut prendre garde à ne pas se faire enfumer par les autres. Il arrive que l’on perde pied quand plusieurs cartes sont prises de suite sans que l’on puisse même commencer à chercher quelque chose. Le risque est grand de perdre de longues secondes avant de revenir dans la partie… et c’est très mauvais au score final.

Bien sûr le perdant doit être beau joueur, payer la tournée et relancer la tablée sur une nouvelle partie. La gagnant peut pavaner, mais sans abuser non plus, sous peine de porter le pack d’Orezza.

 

En bonus le podcast sur Dobble réalisé il y a fort, fort, longtemps.

 

globulL’avis de Globul
Dobble est un jeu simple, facile d’accès, redoutable d’efficacité et réellement marrant. Dobble Corsica ajoute l’élément qui manquait, à savoir un univers de jeu. Là on est en Corse, avec un condensé de l’île en une cinquantaine de petites images. Cela peut sembler puéril mais c’est beaucoup plus sympa de chercher le couteau ou la tête de maure qu’une étoile ou un bonhomme de neige. Enfin un jeu accessible à partir de six ans où l’on peut voir du vin, du pastis et des bombes !
Personnellement je suis conquis, j’adore, il a été difficile d’en avoir un exemplaire, la rançon du succès j’imagine. Si vous avez des amis corses n’hésitez pas, ils vous raconteront des histoires du pays et… le temps qu’ils fassent vibrer le trémolo vous pourrez leur coller une rouste. Vraiment un bon jeu.

 

LidaelL’avis de Lidael
Dobble est clairement un incontournable, un jeu à ne surtout pas oublier en vacances, à sortir pour l’apéro, avec des jeunes et des moins jeunes. Il faut noter que face à des enfants, les adultes n’ont aucune chance de remporter la partie, les p’tits monstres sont super entraînés à ce type de jeu et puis Dobble ils en bouffent tous les jours à la récré ou au centre de loisirs. Bref, un vrai best-seller. Jusque-là néanmoins, j’avais résisté, souvent offert mais ne faisant pas encore partie de ma ludothèque…

Et puis il est arrivé à dos d’âne, le Dobble Corsica et là c’est sûr, il me le fallait ! Née sur la plus belle île du monde (ce sont les Grecs qui l’ont dit), la version Corsica m’amuse beaucoup. Le choix des illustrations est plutôt bien vu, même si j’aurais ajouté d’autres éléments (comment ça l’église de mon village n’y est pas !) et la mention-pédigrée des personnes ayant adapté le jeu – ils viennent de Castagniccia c’était important de le préciser – m’a fait sourire également. Certes, je perds toujours autant mais je trouve à cette version de Dobble un supplément d’âme, un peu comme dans la version Lapins Crétins qu’il faudra vraiment que je trouve un de ces jours.

 


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Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

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