PIX – Formation en carré !

Pix
Auteur(s) : Laurent Escoffier, David Franck
Illustrateur(s) : nc
Éditions :
Genre : jeu de plateau
Mécanisme(s) : dessine et devine, , vivacité
Thème : pixels
Année : 2012
À partir de 8 ans
4 à 9 joueurs
Durée de partie : 40 min.
Indicateur de prix : env. 30 euros.

 

C’est bien, c’est carré

Faire un dessin et essayer de le faire deviner aux autres, c’est amusant. Si l’on ajoute l’idée de jouer en équipe et un sablier on obtient une dose de suspense et un gros hit nommé Pictionary. Première édition de la bête en 1985, ça commence à dater un brin même si le truc marche toujours.

Le gros souci du Pictionary, c’est qu’il y a d’une part le dessin, de l’autre le cerveau qui le décrypte. Le gamer moyen est doté d’un cerveau exceptionnel, c’est bien connu, mais en contrepartie il est affublé de deux mains gauches. Impossible de dessiner un truc correct qui ressemble à quelque chose. Il suffit de voir ce qui se gribouille dans les parties de Saint-Malo pour s’en convaincre. Tout ça c’était avant, Pix est arrivé et nous sommes sauvés !

 

Pix : mécanismes de jeu

Pix

(c) A Qui le Tour ?

Dans Pix on dessine mais sans crayons, en assemblant des petits carrés, comme autant de pixels. Les joueurs adeptes de jeux vidéo ne seront pas dépaysés, surtout s’ils ont pratiqué les premières consoles car là on joue en très basse résolution. Les adeptes de mosaïques peuvent aussi tirer leur épingle du jeu.

Pix est un jeu social, il se pratique en groupe de quatre à neuf joueurs. Chacun a droit à un petit plateau et à vingt pixels noirs, un pixel rouge et un accent circonflexe rouge, tous légèrement aimantés.

Le plateau forme une grille et les pixels devront être placés correctement sur celle-ci, du coup les dessins ont tendance à devenir géométriques, voire atrocement carrés car il est interdit de placer ses pixels n’importe où. La seule pièce qui soit libre est la petite flèche rouge (ou accent circonflexe pour les littéraires), on la met où l’on veut.

Les joueurs sont divisés en différentes équipes qui ont des plateaux de la même couleur. En fait il ne s’agit pas vraiment d’équipes puisque leur seul point commun va être de devoir dessiner la même chose… quand il s’agit de marquer des points c’est perso. Chaque équipe reçoit une petite carte, il y a deux trucs à faire deviner et deux indices si les joueurs ne trouvent pas vite.

 

Il est pas joli mon tandem ?

Chaque joueur sait ce qu’il doit dessiner, c’est parti, toute la table dessine fiévreusement. Le premier qui a fini braille un coup et on retourne le sablier… qui détermine le temps restant aux autres pour finir leur œuvre.

Ensuite chaque « équipe » va devoir faire deviner son mot. Celui qui a dessiné en utilisant le moins de pixels (le pixel rouge vaut quatre noirs et la flèche compte pour deux) va montrer son dessin en premier et bénéficie d’un sablier entier pour cela. Il ne peut donner aucune indication, rien, muet comme une tombe le gars. Il est tout à fait réjouissant de voir les joueurs s’égarer dans des voies totalement futiles, débiles, superficielles alors que pour vous il est évident qu’il s’agit d’un… tandem.

Une fois le sablier écoulé le second joueur de l’équipe montre son dessin et ainsi de suite. Si les joueurs sont décidément des buses obtuses ils auront droit à un indice et un sablier de plus.

Celui qui trouve le mot exact a gagné un carré victoire en mousse, celui dont le dessin a été deviné en a un aussi. Si le mot a été trouvé grâce à l’indice aucun dessinateur n’en gagne. Les joueurs échangent de temps en temps leurs tablettes ainsi les équipes varient pour équilibrer le jeu.

Cet arrosoir a du chien !

Pix

(c) A Qui le Tour ?

Toute l’astuce consiste donc à dessiner avec un minimum de moyens pour être le premier à montrer son dessin. Prenons un exemple. Vous devez dessiner un arrosoir, le truc facile, connu de tous. Quatre pixels noirs pour faire la cuve, un derrière en hauteur pour l’anse et le petit accent circonflexe rouge élégamment posé devant pour former le bec verseur. Imparable, voilà un superbe arrosoir en sept pixels, concis, efficace.

Le souci c’est que vous êtes environnés d’imbéciles citadins qui soit n’ont jamais vu un jardin, soit se payent votre tête, voire les deux. Ils voient tous un chien, puis un chat, bref toute la ménagerie mais absolument pas un arrosoir. Le second joueur montre son dessin, le même en moins bien évidemment, puisque lui il a fait un chien !

Voilà, vous venez de toucher du doigt la terrible opposition entre des moyens graphiques rudimentaires et des esprits trop fertiles. Résultat des courses chacun s’échine, rigole, se moque, traverse de courts moments de solitude profonde et cultive sa modestie.

 

Tactiques et coups foireux

Le truc ultime pour gagner à Pix ? Certainement pas de savoir dessiner car placer trop de détails est souvent contre-productif. Avoir un bon esprit de synthèse et beaucoup de vocabulaire ne peut pas faire de mal. Il faut des idées, savoir par exemple bien placer la petite flèche rouge pour soit en faire une partie du dessin, soit s’en servir pour montrer une partie dans un tout, par exemple la cheminée d’une maison.

Il doit y avoir des champions mais au final ce n’est guère important, Pix est surtout un excellent moyen de jouer rapidement, en s’amusant beaucoup, même quand on est vraiment nombreux. Le jeu idéal pour commencer une soirée en attendant les derniers.

 

 Pix, le jeu en ligne !

 

Avatar de GlobulL’avis de Globul
Parfois on devrait débrancher le cerveau et prendre une boîte de jeu au hasard pour l’essayer. Jusqu’ici Pix ne me disait pas grand-chose, je n’avais pas joué et rien lu dessus. Boîte carrée, je pensais à un jeu du style casse-tête, pas vraiment ma tasse de thé.

Bon, une fois essayé ça change tout, c’est certes un petit jeu mais rudement bien réfléchi, simple, intuitif et adapté à un public très vaste. Surtout ce qui est bien c’est que la bonne humeur s’invite très vite, chacun rame dans son coin pour dessiner, pour deviner. Je crois que les points pourraient être oubliés car l’essentiel est ailleurs.

 

lidaPix, c’est une sacré découverte. Depuis des mois le superbe packaging du jeu me fait de l’œil sans que j’ai l’occasion d’y jouer… jusqu’à ce jour d’automne où enfin j’ai pu faire mumuse avec tout un tas de pixels magnétisés. Premier point auquel je suis sensible donc : le matériel. C’est à la fois minimal et très réussi graphiquement. L’autre bon point c’est la possibilité qui est offerte de jouer avec beaucoup de personnes, jusqu’à neuf quand même. Idéal pour réveiller un apéro. Enfin, c’est un jeu à la fois très fin et très drôle, la rigolade est garantie. Clairement un incontournable dont chacun devrait disposer dans sa ludothèque.

 

 

 


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Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

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