LE SEIGNEUR DES ANNEAUX – Sur un plateau

 

Le Seigneur des AnneauxLe Seigneur des Anneaux
Auteur(s) : Reiner Knizia
Illustrateur (s) : John Howe
Éditions : édition originale réédité par / FFG
Genre : jeu de plateau
Mécanisme (s) : coopératif, parcours
Thème :
Année : 2000, réédition 2010
À partir de 12 ans
2 à 5 joueurs
Durée d’une partie : environ 1h30
Indicateur de prix : 40 euros environ

Le porteur de l’Anneau c’est pas une lumière !

Le Seigneur des Anneaux… le truc qui peut éventuellement vous dire quelque chose. Dans le cas contraire, allez avaler la trilogie de Tolkien, puis les films en version longue, apprenez à pester sur le fait que la fin du siège du gouffre de Helm a été traficotée par Peter Jackson et après vous saurez de quoi l’on cause.

Vous aviez rêvé d’incarner un héros dans cet univers fantastique, d’être un puissant guerrier nain, un Rohirim ou encore un des vaillants Dunedains… c’est possible et vous irez même carrément défier Sauron. Bon, il faudra pour cela savoir faire preuve d’humilité et accepter d’être un hobbit, maniaques de la pédicure s’abstenir.

Le Seigneur des Anneaux : mécanismes de jeu

Le Seigneur des AnneauxLa compagnie de l’Anneau, c’est vous et vos amis. Le jeu est coopératif donc pas de bisbilles, pas de jaloux, tout le monde sera un hobbit. Par contre il n’y a qu’un seul crétin de Touque, à savoir Pippin. Sam, Frodon, Merry complètent la troupe. Il y a aussi Bolger, nettement moins connu il permet à un cinquième joueur de rejoindre la troupe. Pour la petite histoire il s’agit de Fredegar Bolger, alias Gros Bolger, un ami de Frodon Sacquet.

De deux à cinq hobbits vont constituer la vaillante troupe… symbolisée par des figurines en plastique carrément moches. Pas d’hésitations, investissez dans de vraies figurines de hobbits et exercez vos petits talents de miniaturiste. Les figurines seront placées sur le plateau principal, lequel comporte surtout une échelle horizontale constituée de cases allant du blanc au noir. Au début de partie les hobbits sont dans le blanc et la borne noire qui représente Sauron est du côté opposé.

En cours de partie Sauron va avancer vers la lumière au fur et à mesure qu’il parvient à étendre ses ténèbres. Les hobbits eux vont être corrompus par l’anneau et se rapprocher du côté obscur. S’il y a rencontre le hobbit est consumé, mort et re-mort. S’il s’agit du porteur de l’Anneau la partie est perdue et Sauron a triomphé.

Votre aventure suit le déroulement du scénario des livres, elle est découpée en différents temps forts, certains sont des moments calmes où vous pourrez vous renforcer, d’autres sont au contraire pleins de dangers.

 

Petits mais costauds

Un hobbit ne part pas sans biscuits. Vous avez donc plusieurs atouts dans vos sacs. Le premier est la camaraderie, vous formez une équipe qui a tout intérêt à s’entraider pour réussir.

Chaque hobbit a un talent particulier décrit sur sa carte. Frodon peut par exemple utiliser les cartes blanches comme des étoiles (joker), Sam ne peut pas subir plus d’un effet négatif par jet de dé. L’anneau unique est aussi matérialisé, Frodon le reçoit au début de partie mais rien ne dit qu’il le conservera. Le but ultime est d’atteindre la dernière case du dernier plateau pour le détruire sur la montagne du Destin.

Chaque joueur va recevoir six cartes hobbit, elles sont grises ou blanches et portent quatre symboles : mains, jambes, arbre et armes. Elles serviront à progresser dans les scénarios et à contrer les évènements néfastes.

 

Les poils aux pattes en goguette

Au début c’est tout facile. Un Nazgûl se pointe, il suffit qu’un joueur défausse deux cartes arbre pour s’en débarrasser. Simple comme bonjour. Si ce n’est pas possible Sauron avance d’une case vers la lumière.

Second épisode encore plus facile : aller se faire dorloter chez les elfes de Rivendell (Fondcombe), ripailler aux frais d’Elrond. En ces lieux vous gagnerez des cartes puissantes. D’abord celles de nouveaux alliés (Gimli, Legolas, Aragorn, Boromir, Gandalf), ensuite des armes comme Dard ou Anduril, des objets aussi comme la cotte de mithril. Certaines ont des symboles comme les cartes hobbit (2 fois arme pour Gimli), d’autres des effets (l’athelas permet de ne pas avancer d’une case sur la ligne de corruption qui conduit vers l’obscurité et vers Sauron).

Une fois tout ces éléments en poche, la communauté de l’anneau peut affronter sa première véritable aventure : la Moria, le premier plateau d’aventure.

Le Seigneur des Anneaux

 

À mort à la Moria

Joli plateau avec une grande illustration du combat entre Gandalf et le Balrog.

Au centre il y a trois chemins de cases, chacune avec un symbole au début : armes, jambes et arbre. Le but des joueurs va être d’avancer sur ces trois chemins pour récolter des avantages et finir le chemin principal (armes) pour passer le plus vite possible à l’épisode suivant.

Chacun à son tour va pouvoir jouer deux cartes hobbit, une blanche et une grise et avancer sur le chemin correspondant au symbole jouer. Au passage il récolte des boucliers bleus, des pions dits de “vie” représentant l’anneau, un cœur ou un soleil.

À la fin de chaque épisode les hobbits doivent posséder un pion anneau, un soleil et un cœur, si ce n’est pas le cas chaque élément manquant va les faire avancer d’une case vers Sauron. Les boucliers servent à utiliser des cartes “Gandalf”, peu nombreuses mais aux effets puissants.

Évidemment ce n’est pas aussi simple, les chemins comportent des embûches. Par exemple ils obligent à lancer le dé en passant sur une case. Ce dé n’est pas un cadeau. Une seule face est positive et vous permet de piocher des cartes hobbit. Une face est neutre et ne déclenche aucun effet. Les quatre autres faces vous envoient vers Sauron ou, pire encore, le rapprochent… et lui il ne recule jamais, mais jamais jamais.

J’ai gardé le pire pour la fin. Sur le côté gauche du plateau se situent des cases qui symbolisent la trame du scénario. Un peu comme un engrenage qui avance inexorablement. Si vous n’allez pas assez vite sur les chemins du centre pour finir le plateau, c’est cette trame qui va avancer et, comme dans une tragédie, égrener les événements. Et les dernières cases d’un plateau sont toujours très négatives !

Pour gérer cette évolution le début de tour de chaque hobbit est le tirage d’une tuile dans un petit sac. Le but est d’avoir un élément pour avancer sur les chemins centraux, un symbole comme ceux des cartes hobbits.

Mais il y a aussi des effets négatifs dans le sac, qui font lancer le dé ou font avancer vers l’obscurité… et surtout des tuiles qui font avancer sur l’échelle chronologique de la gauche du plateau. Le joueur pioche dans le sac jusqu’à trouver une tuile qui lui permet d’avancer… il est donc possible en cas de déveine carabinée d’avoir une succession d’évènements négatifs.

 

Minas Ausuivant, le tour de jeu

Le Seigneur des AnneauxAprès avoir pioché les tuiles (et appliqué leurs effets) jusqu’à avoir enfin un symbole hobbit, le joueur avance le chemin correspondant au symbole. Il peut ensuite agir de différentes manières : avancer sur les chemins en utilisant ses cartes hobbit OU reculer son personnage d’une case vers la lumière OU piocher deux cartes hobbit.
Ensuite le joueur suivant commence son tour en piochant les tuiles dans le sac.

Et voilà, c’est tout simple, il suffit d’être habile en tirant les tuiles (les bien nommées), d’être malin et d’agir en bonne entente avec la troupe, et voilà on sort de la Moria en sifflotant, cherchant machinalement dans sa besace la fameuse herbe à pipe de Longoulet.

Grands défis pour petites gens
Après cette première épreuve il y aura un répit et de nouvelles cartes à glaner dans la Lorien : Galadriel, Arwen, un barque, une lumière qui s’éteint pas, du lembas, bref un sacré fourbi. En même temps il faut en profiter car les trois plateaux suivants ne vont pas être tendres.

Le Rohan
Une belle image de la forteresse de Helm mais une rude bataille pour gagner quelques cartes alliées (Eomer, Theoden, Gris-poil) et surtout éviter de trop subir l’avancée de Sauron. Et toujours aller contre le temps, ramasser des pions vie pour éviter d’avancer vers Sauron.

L’antre de Shelob
Là ça devient sérieux, on va voir Shelob l’araignée toute mignonne de cinq mètres de diamètre. Avec un peu de chance Gollum vous aidera. Les évènements de la chronologie mettent en action le Roi Sorcier d’Angmar et Shelob… Sauron peut avancer de sept cases sur ce seul plateau !

Le Mordor
Dernier plateau, dernière chance, derniers efforts, derniers soupirs peut-être. Ce coup-ci si la chronologie vous bat c’est vraiment perdu, Sauron reprend son anneau et vous perdez, le reste des Terres du Milieu aussi d’ailleurs. Côté alliés il y a les sympas (Eowyn) et les moins sympa (l’Armée des morts). Beaucoup de jets de dés et pas mal de possibilités de finir en brochette de la Comté.

 

Tactiques et coups foireux

Les règles du jeu sont relativement simples une fois que l’on a bien compris l’enchaînement des actions et le fait d’agir sur un tableau général plus des tableaux successifs pour les épisodes. Il faut savoir gérer correctement son cheminement en équipe, récupérer les pions de vie de manière équilibrée, se débrouiller pour que le porteur de l’anneau soit le plus éloigné possible de Sauron, savoir avancer vite pour éviter de subir le scénario des épisodes, mais sans pour autant sacrifier la collecte des pions vie.

Et puis des fois, la chance est du côté de l’anneau, c’est ainsi.

S’il est trop dur de s’entendre, refaites une partie avec l’extension Sauron, ça permettra à l’un des joueurs de jouer le Seigneur des Ténèbres et d’agir pour tuer tout le monde, dominer la planète et être le plus puissant, enfin seul quoi !

 

L’extension utile : Sauron

Alors voilà, le Seigneur des Anneaux c’est bien gentil mais tout de même quand on voit la bande de branques qui s’attaque à la puissance du Mordor, on se dit qu’il y a quand même de l’abus. Liberté romanesque, coup de mou des forces du mal, allez savoir. Il faut retrouver le sens commun, nul autre que vous ne pourrez mieux le faire : vous êtes Sauron, vous avez créé l’Anneau unique, mis au pas les royaumes des hommes et des elfes, alors c’est pas une bande de hobbits joufflus qui va faire sa loi !

Attention amis maîtres du monde, Sauron est une extension au jeu de plateau Le Seigneur des Anneaux, il faut donc posséder celui-ci. Seconde mise en garde : il n’y aura qu’un seul Sauron par partie, les autres devront jouer les hobbits, les pauvres…

Le système du jeu de base est repris, la petite troupe de hobbits va donc cheminer de plateau en plateau vers le Mordor. L’extension apporte des changements sur certaines actions et bien sûr leur ennemi implacable est incarné par un joueur.

Première modification essentielle, les tuiles d’événement piochées par les joueurs sont beaucoup plus nombreuses et plus dangereuses. Les hobbits ont aussi des cartes modifiées et quelques nouvelles cartes “Gandalf” s’y ajoutent.

Sauron va pouvoir agir de deux manières, au début du tour de chaque joueur ou lorsqu’un lancé de dé est nécessaire de la part des joueurs.

Il utilise pour cela des cartes particulières qui attirent les hobbits vers Sauron, leur font défausser des cartes, des boucliers ou des pions “Vie”, bref leur pourrissent la vie.

Il peut aussi agir par l’intermédiaire du Cavalier Noir, le sinistre Nazgûl qui est envoyé sur la ligne de corruption à la rencontre du porteur de l’anneau. Il revient ensuite sur ses pas jusqu’à son maître. S’il y parvient durant un même plateau, le Mordor l’emporte définitivement !

Enfin, à la toute fin, lorsque les hobbits veulent détruire l’anneau unique, Sauron est activé une dernière fois et a une dernière chance de l’emporter, mais rassurez-vous, il est rarement nécessaire d’attendre aussi longtemps pour vaincre.

Extensions parues
Les forces des ténèbres (2002)
Sauron (2002)
Champs de bataille (2007)

 

 

Avatar de GlobulL’avis de Globul
Le Seigneur des Anneaux est un jeu coopératif réussi : la menace est claire, les catastrophes pleuvent et soudent le groupe de joueurs. Le contexte étant bien connu, il est facile de se mettre dans l’ambiance.
Les figurines sont vraiment ratées, dommage car les illustrations sont chouettes. Globalement ça manque un poil d’humour mais bon, vous pouvez en apporter s’il n’y en a pas déjà dans la boîte.

Par contre c’est parfois un peu plan-plan le coopératif pur. Battre le système de jeu c’est bien, mais c’est moins motivant que de battre le gars qui est de l’autre côté de la table non ? Alors quand il s’agit d’affronter tous les autres à la fois, en endossant l’habit du grand méchant, là il y a un vrai challenge. Pour cela l’extension Sauron est vraiment pas mal, s’il n’en faut qu’une, c’est celle-là. Par contre comme il s’agit d’ajouter des règles aux règles et des exceptions, ne vous lancez pas dans l’aventure sans maîtriser avant la boîte de base.

 

L’avis de Lidael
J’aime les jeux coopératifs et immersifs, alors, forcément, Le Seigneur des Anneaux, c’est un peu l’un de mes chouchous. Tout y est, la difficulté (c’est un jeu où l’on perd souvent, surtout avec l’extension Sauron), l’entraide, la tension, la peur du gros-vilain-pas-beau, le tout saupoudré d’un peu de Tolkien, ce qui ne manque pas de nous faire rêver. Comme dans tous les jeux de , l’écueil à éviter est celui de trop diriger les autres joueurs, en particulier les débutants. Côté extension, je n’ai toujours pas compris l’intérêt de Champs de bataille, plutôt à éviter donc. Bien que le jeu puisse sembler un peu complexe de prime abord, il est relativement simple à prendre en main ce qui est plutôt un plus.

 

Cet article a été publié en version courte sur JDRMag N°19

 

 

 

 


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Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

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