BATTLESTAR GALACTICA – Sauvez l’humanité, ou pas

 

Battlestar GalacticaBattlestar Galactica
Auteur(s) : Corey Konieczka
Illustrateur (s) :   Childress, Navaro, Schomberg,  Springer
Éditions : Edge / Fantasy flight games
Genre : jeu de plateau
Mécanisme (s) : coopératif,
Thème :
Année : 2008
À partir de 10 ans
De 3 à 6 joueurs
Durée d’une partie : environ 2 à 3 h
Indicateur de prix : environ 50 euros

 

 

Les Cylons ne font pas de cadeaux

Battlestar Galactica vous connaissez ?

Une série télévisée ancienne, revisitée avec grand succès. Oui, c’est bien dans cet univers là que ce jeu de plateau nous entraîne. Oui vous pourrez incarner l’amiral Adama, la caractérielle Starbuck ou encore le fourbe Gaïus Baltar… et peut-être même trahir l’humanité pour la pousser à sa perte !

Battlestar Galactica 2004Vous ne connaissez pas Battlestar Galactica ?

Disons plutôt que vous ne connaissez pas encore, car vous irez sans doute dévorer les quatre saisons de la série après avoir goûté au jeu. En bref l’humanité a été rayée de la surface des planètes qu’elle occupait par les Cylons, des robots jadis créés par l’homme. Il ne reste plus que quelques vaisseaux escortés par le dernier vaisseau militaire et ses chasseurs : le Battlestar Galactica.

Le jeu vous propulse dans la peau des personnages de la série, qui luttent pour contrer les attaques des Cylons, pour préserver la population et trouver une planète d’accueil. Les Cylons pouvant prendre forme humaine, un ou plusieurs joueurs sont en fait des traîtres qui tout en préservant les apparences vont tout faire pour conduire la flotte à un échec.

 

Battlestar Galactica : mécanismes de jeu

Le plateau représente le Galactica, le Colonial 1 et l’espace qui les entoure. Des pions plastiques figurent les chasseurs humains, les bases et les chasseurs des Cylons.

Les joueurs (entre 3 et 6) incarnent les personnages principaux de la série, répartis en quatre types : chef militaire (ex. Le colonel Tigh), leader politique (Laura Roslin), Pilote (Sharon Valeri) et Personnel (le chef Tyrol). Chacun aura des cartes d’action d’un certain type.
Le plus gradé des chefs militaires présent reçoit le titre d’amiral, le plus haut politique celui de président. Ils auront des attributions particulières comme l’usage de la bombe atomique pour l’amiral.
Chaque joueur reçoit en outre une carte qui lui permet de savoir en secret s’il est oui ou non un Cylon dissimulé.
À son tour le joueur va pouvoir se déplacer (dans le Galactica, sur le vaisseau-présidence Colonial one ou dans un chasseur s’il est pilote) et agir (jouer des cartes action, combattre).
Après cela le joueur tire une carte crise et doit résoudre la situation qu’elle crée. Selon les cas il peut s’agir de l’apparition de vaisseaux cylons qui attaquent, d’un événement positif ou négatif inspiré de la série (par ex. Une pénurie d’eau).

Chacun participe comme il le veut, sans se dévoiler, deux cartes d’une pioche masquée sont ajoutées en sus, on mélange le tout… il en ressort un résultat à comparer aux exigences du test. Le ou les traîtres y auront peut-être glissé des peaux de bananes, à moins que ce soit la pioche… À chaque fois il y a suspens et tension, par exemple quand il s’agit d’envoyer un personnage en cellule.

 

Contact radis, flotte cylon, faites le saut PRL !

Le Galactica peut faire des bonds dans l’espace (Bonds PRL, Plus Rapide que la Lumière) mais il a besoin de temps entre deux sauts.
Les joueurs humains vont devoir atteindre la planète Kobol, par sauts successifs. Les Cylons vont devoir les en empêcher, et peuvent y parvenir de multiples manières. La destruction du Galactica est évidemment un must mais il est aussi possible d’agir sur quatre éléments : le carburant, la nourriture, le moral et la population. Si l’un seul arrive à zéro, les humains sont perdus.
Le(s) Cylons infiltrés vont donc faire leur possible pour faire capoter les actions des humains, ce qui peut être particulièrement efficace s’ils occupent le poste d’amiral ou de président, le tout en essayant de dissimule leur véritable nature. S’ils sont confondus ou s’ils choisissent de révéler qu’ils sont Cylons, ils perdent leur identité humaine et ressuscitent sur le vaisseau de résurrection, ce qui leur permet d’agir plus directement contre l’humanité.

 

Tactiques et coups foireux

À chaque partie c’est une nouvelle configuration, avec de grandes variations de timing et d’ambiance qui sont très raccord par rapport à la série. Parfois le Galactica est attaqué de tous côtés, par des bases Cylon qui le pilonnent, des chasseurs qui tentent de dégommer les vaisseaux civils, des centurions cylon qui abordent le vaisseau pour tenter de provoquer une dépressurisation fatale à son équipage… et alors que le combat fait rage, l’issue du saut PRL peut parfois se faire attendre.

À d’autres moments c’est plutôt calme, pas un Cylon en vue et pourtant, une action banale rate lamentablement et rappelle la menace interne, la traîtrise et chacun soupçonne son voisin. Le traître lui essaye de rester discret et parfois se pose même des questions troublantes, qui est un sympathisant cylon autour de la table ?

Le hasard des actions, des réussites et des échecs, l’avancée vers Kobol malgré les pertes et les trahisons traduit bien l’aspect désespéré de la lutte humaine. La confusion est aussi une arme terrible et les humains parviennent parfois à s’entraver eux-mêmes, laissant la part belle aux Cylons qui peuvent achever les restes.

Les règles ne sont pas très dures mais nécessitent une bonne compréhension car il est des sujets sur lesquels il faut faire silence en cours de partie. Évitez la question “C’est quoi au fait la carte Vous êtes un Cylon”. Les capacités à réagir aux événements, à analyser les actions des uns et des autres et à bluffer sont essentiels dans ce jeu certes basé sur la , mais avec un traître autour de la table.

En connaissant bien la série il est possible d’ajouter une dimension roleplay au jeu. Le jour où la destinée de l’humanité est confiée à l’amiral Tigh et au président Baltar, là vous commencez à flipper.

 

Avatar de GlobulL’avis de Globul
La série Galactica est excellente, bien bâtie, bien jouée, très prenante. Ce jeu permet d’y replonger en devenant acteur d’une évolution différente mais qui colle très fort à l’univers, les fans seront ravis, les autres risquent de le devenir.
Impossible de dire comment une partie va tourner, l’impression d’être sur la corde raide est omniprésente et parfois la situation est réellement désespérée avec plusieurs périls mortels en même temps.
Jouer un Cylon est un exercice original, qui demande une bonne dose de fourberie… tout en sachant qu’il est plus facile de vaincre l’humanité que de la sauver. La grande valeur de ce jeu est dans la mise en place de situations successives toujours originales, à partir d’éléments cohérents avec l’univers, et demandant sans cesse de s’adapter, de réagir.
Un jeu tout à fait indispensable qui nécessite tout de même un minimum d’apprentissage de la part des joueurs pour bien exploiter ses possibilités. L’éditeur indique à partir de 10 ans, j’aurais tendance à rajouter au moins 4 ans, d’autant qu’il y a beaucoup de texte sur les cartes.

 

L’avis de Lidael
Battlestar Galactica c’est à l’origine une série de science-fiction de la fin des années 70, un poil ringarde mais attachante (on y reconnaît Futé de l’Agence tout risques ou encore celle qui deviendra Docteur Quinn, femme médecin, si, si). En 2004 la série est remise au goût du jour de manière magistrale. En tirer un jeu de plateau digne de ce nom, sans rien dénaturer de l’ambiance, de la tension quasi palpable et du rythme de la série n’était pas une évidence et pourtant… Autant 9 adaptions sur 10 de grandes franchises en jeux vidéo sont à peu près nulles (voilà, j’ai plein de nouveaux copains, ça c’est fait), autant en JDP la mayonnaise prend souvent bien et dans le cas qui nous occupe, elle prend plus que bien. Aucune partie de se ressemble, c’est immersif à souhait, bref ce jeu coopératif avec ce petit soupçon de traîtrise et de stratégie est simplement excellent.

 

 


Suggestions de lecture

Globul

[Fondateur & rédacteur] Gnome donc joueur, le Globul a épuisé ses grands-parents aux petits chevaux et au Monopoly, écumé les magasins de jeux depuis des décennies, raflé la série Cry Havoc, mémorisé les Casus Belli et tartiné des règles de wargame en VO au p'tit-dèj. Les jeux d'aujourd'hui sont rudement bien, accessibles et peuvent se jouer sans travailler le scénar pendant 15 jours complets. Yup !

7 Commentaires

  • Répondre septembre 27, 2011

    L'Harmo

    Ouaaaaais BSG est un très bon jeu ! Le côté “traîtrise” et les rebondissements que ça implique apportent une vraie tension durant les parties. Excellent !

  • Lidael
    Répondre septembre 30, 2011

    Lidael

    Nous avions été cylons tous les deux la dernière fois, non ?

  • Répondre septembre 30, 2011

    L'Harmo

    Oui, si je me souviens bien :)

  • B52
    Répondre octobre 1, 2011

    B52

    Le meilleur des jeux de coopération du marché, immersion totale, attention au nouveau jeu de cet auteur dont nous allons bientôt parler : Les demeures de l’épouvante ( j’adore ;) )

  • Lidael
    Répondre octobre 1, 2011

    Lidael

    Il nous faudra bien le podcast sur “Les demeures de l’épouvante” pour dégrossir le travail, c’est dense côté règles, mais on aime ça.

  • Nednot
    Répondre octobre 2, 2011

    Nednot

    C’est marrant Lida, à chaque partie qu’on ai fait ensemble tu étais Cylon. A la prochaine, je te dénonce dés le premier tour ;p

  • Répondre août 4, 2012

    Ninaran

    Après lecture de la critique, ce sera donc mon prochain achat jeu de société ! ;)

    J’ai longtemps hésité à franchir le pas, sans vraiment savoir à quoi m’attendre, mais cela ravira nos soirées entre amis.

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