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Essen jour 3 – Vendredi ou les jeux de sauvages

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Vendredi ! L’affluence est au rendez-vous mais, ce n’est pas encore le grand rush. Si je veux tester des gros jeux, c’est aujourd’hui ou jamais !

Je vais commencer en « douceur » avec The possession des Espagnols de GenX dont j’avais vraiment apprécié NorthWest passage adventure il y a deux ans. « douceur » oui, celle des branches qui vous griffent le visage, celle de la tronçonneuse qui déchire les chairs, de ce bras qui gît sur le sol et qui soudain vous attaque ! Vous connaissez Evil Dead (le film) ? Et bien voici Evil Dead le jeu !

 

Œil pour Œil

Dans The Possession, chaque joueur incarne un personnage qui s’est réfugié dans une grande cabane des plus lugubres. L’un d’entre eux trouve un livre (le Necronomicon, rien que ça !) dont la lecture déchaîne les enfers ! Pris d’une fureur diabolique, le personnage déchire le livre et éparpille ses pages aux quatre coins du bâtiment. Une lueur étrange illumine son regard, les heures de ses compagnons sont comptées, il est possédé ! Comme son nom l’indique, la possession est le principal attrait de ce jeu. Régulièrement, au cours de la partie, l’état (possédé/normal) des joueurs va fluctuer et changer ainsi les conditions de victoire.

 

The possession

 

Les possédés doivent tuer tous les personnages normaux. Parmi les possédés celui qui gagne le plus de trophées – œil, oreille, etc. – lors des combats sera déclaré vainqueur. Les persos normaux quant à eux doivent fouiller la maison pour trouver les dix pages du Necronomicon et les brûler (obtenant ainsi des points de victoire). Autre astuce, les possédés peuvent être démembrés, les parties de leur corps ainsi détachées deviennent alors autant d’éléments autonomes qui feront des misères aux autres joueurs. The possession se classe dans les jeux de la lignée de Zombies, avec des règles assez touffues. Il faudra quand même que les joueurs adhèrent à l’univers pour se prendre au jeu, l’ambiance faisant clairement partie de son intérêt.

 

Carcassonne galactique ?

Bien que j’aie apprécié ce jeu, ce n’est pas exactement ce que je cherche aujourd’hui. Deux allées plus loin, je découvre Galaxy of Trian qui fleure bon l’exploration spatiale. Il s’agit d’un jeu de pose de tuiles et de majorité. Trois types d’étendues : les systèmes planétaires, les nébuleuses et l’espace profond. Des émissaires et des stations de recherche à placer dessus : à première vue, on est dans la lignée d’un jeu type Carcassonne. Galaxy of Trian est quand même plus riche, vous aurez la possibilité de voler la majorité aux autres joueurs grâce aux télé-porteurs qui permettent de déplacer un émissaire n’importe où dans la galaxie, voire de renvoyer ces derniers sur leur planète-mère en utilisant judicieusement les vortex.

 

Galaxy of Trian

Sous sa forme basique, le jeu reste quand même un poil trop simple à mon goût (j’en attendais plus !). Mais, c’est sans compter l’extension qui rajoute des vaisseaux (corvettes et maraudeurs) qui vont pouvoir parcourir la galaxie et donc changer la donne au niveau des majorités. Il est aussi possible de grappiller des points au détriment de leur propriétaire légitime, c’est tout de suite plus sympa non ? Une autre extension est en développement, elle ajoutera des capacités spéciales à chacune des races en jeu, le rendant encore plus riche, enfin, j’espère, mais je fais confiance à ses développeurs.

 

Couloir, porte, donjon… trésor !

Hier, j’avais entraperçu un jeu qui avait fait vibrer une petite corde nostalgique en moi : Castles of Mad King Ludwig de chez Bezier Games. Comme ça, de prime abord, ça ressemble à une application carton de Dungeon Cartographer, on ne peut pas dire que ça rentre dans mes critères esthétiques, c’est même assez moche ! Mais, il y a quelque chose qui attire l’attention. Le jeu en lui même est plutôt bon. Chaque joueur doit construire un château en tenant compte de deux objectifs secrets (ex : le plus de jardins ou le plus d’étages). C’est un jeu de placement, il faut absolument optimiser l’espace et malheureusement, ou plutôt heureusement pour le plaisir de jeu, les tuiles salles/couloirs n’ont pas des dimensions qui permettent de les emboîter facilement. De plus, il est impératif de compléter rapidement les salles (c’est-à-dire, faire en sorte que toutes les issues aboutissent quelque part) de manière à profiter de bonus (rejouer un tour, gagner de l’or, etc.).

 

Castle of mad king Ludwing
Le système quant à lui est très simple. À chaque tour, un joueur est le « Maître bâtisseur ». Il décide au début du tour des prix de chaque tuile (qui sont tirées au hasard). Les autres joueurs devront lui payer la somme de la tuile qu’ils achètent, le « Maître bâtisseur » donnera quand à lui son argent à la banque. Très vite, on s’aperçoit qu’il est très difficile de gagner de l’or, le « Maître bâtisseur » doit aussi lire le jeu des autres pour soit faire payer une tuile indispensable à quelqu’un le prix fort » mais aussi s’assurer une rentrée d’argent confortable pour pouvoir passer confortablement le tour de table (car tous les joueurs ont toujours la possibilité d’acheter un couloir ou un escalier pour 3000 PO, c’est-à-dire une paille, les tuiles intéressantes valant généralement entre 7000 et 15000). Ici, on est typiquement dans le type de jeu qui demande au moins cinq ou six parties pour être pleinement exploité. Les règles sont relativement simples mais le jeu a la profondeur d’un donjon insondable !

 

Le Bang des arnaqueurs

Après ce “triturage” neuronal que le bruit ambiant du salon n’aide pas à rendre agréable, je décide de me tourner vers quelque chose de plus léger. Pour trouver un jeu qui vous fera passer un bon moment de détente, c’est très simple, vous déambulez jusqu’à entendre des éclats de rire. Le jeu qui m’a fait m’arrêter est Mat-goceng. Il s’agit d’un de ces jeux indonésien dont je vous ai déjà parlé. Le jeu est en indonésien mais, c’est à se demander pourquoi il y a du texte sur les cartes !

 

Mat Goceng

De trois à six joueurs, Mat-goceng est une sorte de Bang survitaminé ! C’est un petit jeu de cartes avec identités et conditions de victoire secrètes. Ces conditions sont imbriquées : « Machine » (excusez mais les noms en indonésien et moi…) doit être la plus riche et « Polo » doit protéger « Machine » (mais si possible faire en sorte qu’elle ne soit pas la plus riche. « Truc » quand à lui doit buter « Machine » ! C’est clair non ? Donc dans ce jeu, on va se balancer des marrons à coup de cartes. Un joueur défie un autre (lequel peut refuser le combat en le payant). Sur les cartes, il y a des poings de différentes couleurs qui doivent être enchaînées (un peu comme dans Nightfall). Je joue une carte sur laquelle il y a un gros poing bleu suivit d’un petit poing rouge, la prochaine carte qu’il me faut jouer doit donc avoir un gros poing rouge. Le premier joueur qui cale perd un point de vie (on commence tous avec trois), dès qu’un joueur n’en a plus qu’un, il doit révéler son identité. Dès qu’il y a un mort, la partie est finie.
Là, théoriquement, vous devez vous dire que ça ressemble quand même beaucoup à Bang. Mais, c’est sans compter sur les transactions complètement libres que peuvent faire les joueurs. À tout moment, on peut proposer à un autre joueur de nous acheter une carte en fixant son prix, en étant honnête… ou pas ! Si vous vendez une carte, vous vous enrichissez (peut être est-ce là votre objectif) et/ou vous protégez/chargez un autre joueur (là encore, ce peut être un objectif) mais vous commencerez votre combat avec une carte de moins : dilemme en perspective. Mat-goceng est un générateur de fou rire. C’est facile a expliquer, c’est rapide, c’est fun, j’adore !

À demain pour de nouvelles aventures.