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SHERLOCK HOLMES DÉTECTIVE CONSEIL – Élémentaire !

  • Globul 

2 commentaires sur “SHERLOCK HOLMES DÉTECTIVE CONSEIL – Élémentaire !”

  1. La plus récente série ” Elementary ” reprend bien l’esprit de Sir Arthur Conan Doyle en proposant des enquêtes qui n’ont rien à voir entre leur début et leur fin et une manière d’enquêter très typique du cas Sherlock. Cette série se déroule à New York.
    Bon site Pink Gobelin’

  2. Elle me faisait envie cette série, grâce à vous cher docteur Watson, je crois que je vais aller enquêter de plus près sur Elementary.

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Sherlock Holmes, détective conseilSherlock Holmes détective conseil
Auteurs : Gary Grady, Suzanne Goldberg, Raymond Edwards
Illustrateurs : Arnaud Demaegd, Neriac
Éditions : Ystari games
Mécanismes : coopératif, déduction, enquête
Thème : policier, Angleterre victorienne
Année : 2011
À partir de 12 ans – 1 à 8 joueurs
Durée d’une partie : environ 1h30

 

Sur les pas d’un géant

Les chevaliers, les dragons, les zombies, Cthulhu lui-même, peccadilles que tout cela. Aujourd’hui le Gobelin Rose s’attaque à un vrai mythe, un personnage de légende, un monstre au cerveau froid, pire encore, un Anglais !
Sherlock Holmes, détective conseil, tel qu’il tient à se présenter lui-même, le seul professionnel d’un métier hors normes, taillé sur mesure. Ce jeu est lui-même une légende ludique. Édité en 1981 par Jeux Descartes, Spiel des Jahres en 1985, épuisé ensuite pour le plus grand désespoir de ceux qui avaient loupé le coche. Ystari revisite le jeu et sort une édition 2011 comprenant dix scénarii, laquelle est récompensée par le prix du jury du festival du jeu de Cannes 2012 !

 

Sherlock Holmes : mécanismes de jeu

Les bases du jeu sont simples. Le ou les joueurs, car le jeu peut se pratiquer en solo ou très nombreux, incarne(nt) les anonymes membres du réseau d’information de Sherlock Holmes, constitué de gamins des rues, de mendiants, de la faune urbaine de Londres. Vous menez donc une enquête parallèle à celle de Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes, détective conseil
Une fois celle-ci aboutie vous décidez de stopper vos investigations et d’aller confronter vos conclusions à celles de Sherlock Holmes. Il faut répondre à une série de questions, qui visent à déterminer si vous avez compris les éléments principaux et secondaires de l’intrigue. Les réponses justes apportent des points, leur total permet de savoir si vous avez réussi à égaler Sherlock.
Pour égaler un génie comme Sherlock, il n’est pas inutile d’associer plusieurs cerveaux normaux, aussi le jeu permet de jouer chacun pour soi, avec ses petites idées et conclusions, ou de mettre en commun savoirs et déductions pour ne constituer qu’une équipe. Le mode coopératif est conseillé pour commencer et aussi pour jouer de manière plus conviviale.
Le début de chaque enquête est un récit circonstancié qui présente l’énigme. Ainsi le premier scénario, Le magnat des munitions, commence en mars 1888 avec la mort brutale de M. Courtney Allen, dirigeant d’une entreprise d’armement, tué par balle dans une ruelle de Londres. À partir de quelques éléments de situation vous êtes lâchés tout seul(s) avec une affaire à résoudre.

 

Marche à Londres

Seuls quelques outils simples vous permettent d’enquêter. Il y a d’abord les éléments contenus dans le texte d’introduction de l’affaire. Il faut d’ailleurs souligner que Sherlock Holmes détective conseil est un jeu où il est quasi indispensable de prendre des notes, les détails les plus infimes pouvant se révéler cruciaux.
Le plan de Londres permet de repérer les lieux importants d’une affaire, de savoir où logent les différents personnages rencontrés ou encore de calculer trajets et temps de parcours probables pour vérifier les dires et les alibis.
L’annuaire permet de savoir où trouver les personnages et les lieux afin de leur rendre visite. Il donne des coordonnées ce qui permet à la fois une localisation sur le plan et un accès aux informations contenues dans le scénario, si toutefois informations il y a à cette référence.

 

Times is money

Une dernière source d’informations est le Times. Pour la première affaire c’est simple, les enquêteurs peuvent accéder au Times du jour, un recto-verso assez fouillis où sont distillés certaines informations utiles et beaucoup de choses sans rapport avec l’affaire, mais qui contribuent à l’ambiance. Pour les affaires suivantes les joueurs peuvent compulser le journal du jour de leur affaire, ainsi que ceux des affaires précédentes, qui forment en quelque sorte les archives.
Rien de bien sorcier, il faut dévider la pelote de possibilités, faire des déductions, aller visiter les lieux importants, repérer sur le plan le tout. Il faut aussi être méfiant, certaines pistes sont fausses, trop évidentes, certains suspects restent énigmatiques mais sont-ils pour autant coupables ?

 

Tactiques et coups foireux

Il faut absolument tout noter, tout soumettre à un examen critique, garder en mémoire le plus de détails possibles. Les coups foireux sont cette fois-ci le fait du jeu lui-même qui met à l’épreuve l’intelligence et la mémoire des joueurs. Il faut aussi savoir être patient, ne pas se jeter tête baissée dans la première explication venue, c’est souvent une fois l’ensemble des pièces réunies que l’on comprend la situation et que certaines pistes et intrigues deviennent secondaires ou que certaines choses que l’on prenait comme acquises s’avèrent finalement être mensonges et apparences.

Sherlock Holmes, détective conseil
Une chose est sûre, on ne s’ennuie pas autour de la table. En coopératif il faut veiller cependant à bien respecter le tour de jeu de chacun et ne pas laisser un ou plusieurs joueurs aller plus vite que la musique et mener l’enquête « tout seul ». Le gros avantage de ce jeu est qu’il reprend les mécanismes bien connus de l’enquête policière, vulgarisés par les tonnes de polars et de séries TV qui circulent sur le sujet. Chacun peut donc accrocher facilement, y compris des joueurs qui n’ont jamais spécialement approché un jeu de plateau ou qui n’aiment pas cela a priori.

 

Sherlock for ever

Une fois n’est pas coutume, je profite honteusement de l’article sur ce jeu pour inviter les lecteurs du Gobelin Rose à approfondir le thème. Tout le monde connaît un peu Sherlock Holmes, l’enquêteur avec le chapeau ridicule et son acolyte Watson.
Plus sérieusement il faut aller à la source, lire les nouvelles de Conan Doyle. C’est dans les détails et la variété de ces récits que l’on trouve vraiment la quintessence de ce personnage, de son univers à la fois réaliste et si particulier. Par rapport à nombre de récits policiers les aventures de Sherlock Holmes sont souvent très originales, parfois le mystère n’a tout bonnement rien d’un crime ou ses circonstances sont si étranges que l’enquête tend vers le fantastique, ou le loufoque. Il y a un parallèle assez net à faire avec les ambiances décalées de la série Avengers (Chapeau Melon et Bottes de cuir en français).
Plus récemment Sherlock a été porté à l’écran avec Robert Downey Jr et Jude Law dans les deux rôles principaux. Sans être époustouflants ces deux films ont le mérite de mettre en place un univers  particulier, aussi décalé que le personnage de Sherlock qui est tout de même un sacré numéro.
La série britannique Sherlock qui place dans le Londres contemporain notre brillant enquêteur me paraît tout à fait réussie, or la transposition était pour le moins épineuse. Le jeu des acteurs est dans le ton, les épisodes sont longs et constituent des histoires complètes, bien déroulées. À découvrir.

 

Avatar de GlobulL’avis de Globul
J’avais raté la première édition du jeu par le passé. Les polars ne me branchent pas plus que ça et c’est un peu par hasard que j’ai commencé la lecture de Conan Doyle l’été dernier, après avoir vu le film. Bonne pioche, j’ai tout lu en quelques semaines.
Je ne pouvais pas manquer ce jeu et je trouve son système vraiment simple et efficace. Le cœur du jeu c’est l’intrigue, comme dans un roman, mais là chacun est libre d’agir et de fouiller dans l’histoire, de bâtir sa nouvelle. C’est brillant, intéressant, captivant, bien digne du détective de Baker Street.
Le seul bémol, mais il est inévitable, c’est qu’une fois le scénario joué, on connaît l’histoire. Ystari a édité une onzième affaire, La rançon du Diable et d’autres suivront sans doute. Par ailleurs le système est ouvert pour les créations personnelles.